Aller en haut Aller en bas

    avatar
    Rebecca LewisSœur Rebecca de la Croix

    Un sac d'os ou la vie [Ayu]

    Message par Rebecca Lewis le Mer 7 Nov - 19:46

    Cela fait maintenant deux ans que notre puissante divinité m’a nommée à la tête de la cellule de Rédemption du temple. Mais je ne me sens pas forcément à ma place. Oh non ! Pas que je n’aime pas torturer les gens et les entendre crier de douleur, c’est bien ça qu’il manque dans ce métier : je ne torture plus autant de personne que je le voudrais. Je passe plus mon temps à donner un prisonnier à un bourreau, à vérifier les notes de synthèse des interrogatoires, ou bien à me balader dans la rue pour interroger – gentiment… -- des personnes au hasard. Je fais plus un boulot de manager de pub qu’autre chose.
    Je devrais peut-être trouver quelqu’un d’autre pour prendre mon poste. Mais à qui ? Je ne connais personne dans ma cellule, ou du moins, personne ne veut me connaître. J’ai déjà reçu de nombreuses… « plaintes ». Allez savoir pourquoi, un gros lard qui ne fait rien de sa journée irait mieux à ce poste qu’une jeune femme qui se donne les moyens d’y parvenir. Autant dire que je n’ai pas beaucoup beaucoup d’amis dans ce côté-là du temple…
    Aujourd’hui était encore une journée standard dans ma vie de supérieure. J’allais tout d’abord prier pour la bonne santé de notre divinité pendant 3 heures, puis je restais me plaindre auprès de mon père jusqu’à l’heure du repas.
    « Ma chère Rebecca, est-ce que je t’ai appris à ne pas te confier aux autres membres du temple ? »
    Je faisais la moue. Je n’aime vraiment pas quand mon père me sermonne sur le fait que je garde tout pour moi. J’avais l’impression d’être encore une enfant, alors que j’ai bientôt 19 ans.
    « Mon père, arrêtez de mes traiter comme vos subordonnés. Je ne suis pas venue ici pour me faire tirer le portrait. »
    « Alors que veux-tu, mon enfant ? »
    Parler avec mon père m’a toujours extrêmement fatigué. Pas qu’il me fatigue ou que ces paroles étaient inintéressantes, c’est juste qu’il trouvait les bonnes réponses en peu de temps, comme s’il lisait en moi. En plus, il affichait toujours un sourire, raaaaaaa ça me donnait envie de le taper.
    « Oui, bon, j’ai compris mon père. Je vais aller me plaindre auprès de quelqu’un d’autre pour la peine »
    « Ha ha ha, n’oublie pas que tu as une ronde à faire dans cinq minutes. Ne sois pas en retard ! »
    Je m’élançais déjà dans le temple, en direction de la sortie.
    « Vous n’êtes plus mon supérieur j’ai le droit de faire ce que je veux ! »
    Le père n’avait pas tort non plus, j’avais belle et bien une ronde à faire dans les rues de Baal. Il fallait, comme presque tous les jours, que j’aille interroger des gens au hasard dans la foule pour voir si leur croyance envers Dios était toujours aussi solide. J’ai appris, au cours de ces deux années, que se sont les gens qui passent le plus proche de moi qui était coupable. J’ai déjà trouvé plus d’une dizaine de renégat et j’ai eu le plaisir de les faire parler. C’est encore plus jouissant quand le prisonnier est un voisin que tu n’aimes pas (Adiiiiieu, monsieur Lenovo <3)
    Mais bon, avant de pouvoir interroger, il fallait trouver des personnes susceptibles d’être interrogées. Telle était ma mission, en tant que responsable de la cellule de Rédemption !
    Je me promenais donc, le cœur ouvert à l’inconnu, dans les rues bondées de Baal. Très peu de personne me reconnaissais. Je m’étais habillée avec des habits civile : un pantalon taille haute ample et une chemise noire montant jusqu’au haut de mon cou, le tout toujours avec mes lunettes rondes sur le nez. Et qu’importe si quelqu’un me reconnaissait, je n’aurai qu’à suivre les personnes qui m’évite.
    Trois heures se sont passé, et je n’ai trouvé personne de potentiellement coupable. Qu’est-ce que ces rondes étaient longues... mes pas m’avaient mené jusqu’au marché, là où on pouvait échanger et trouver n’importe quoi. Beaucoup de personne transportaient de gros sacs, soit sur leur dos soit en les traînant. Des souvenirs de leur expéditions, je suppose.
    « Allez, viens ! On ne va rien te faire ! »

    En face de moi, trois hommes entouraient une quatrième personne. De là où j’étais, j’avais du mal à voir à quoi elle ressemblait, mais elle me semblait assez petite. Je me postais un peu plus loin, appuyée contre un bout de bois servant de fortification à un stand. Le vendeur venait vers moi, pensant que je voulais lui acheter quelque chose. Je l’envoyais boulet, mais il était tenace, le bougre !
    « S’il faut encore que je me répète une fois que je ne veux pas te vos fichus babioles, je me ferai une joie de vous payer un voyage dans les prisons de Baal. »
    Ma menace devait être assez clair, car l’homme ne revient pas.

    J’observais la scène qui se passait sous mes yeux, donc. Je n’avais pas forcément envie d’intervenir, j’étais juste curieuse. Pas beaucoup d’explorateurs ramènent des proies vivantes. J’aimerai bien voir à combien ça se vend, pour les prochaines fois que je descendrais.

    avatar
    Ayu HorrowFarceur aguerri

    Re: Un sac d'os ou la vie [Ayu]

    Message par Ayu Horrow le Jeu 15 Nov - 14:55

    Ayu savait très bien que c'était une mauvaise idée que de s'élancer dans le désert sans réelle préparation. Il avait juste vu ça comme un moyen de... Eh bien il ne savait pas vraiment lui même. Afficher sa rébellion, prendre la température quant aux possibilités de fuir qui était les siennes ? Sur le coup il n'avait pas songé sérieusement qu'il pourrait quitter Sèvia, pas aussi peu préparé qu'il était, il s'imaginait traîner un peu puis rentrer, voilà tout, histoire de se dire sans doute qu'il aurait pu se barrer mais ne l'avait pas fait, ayant choisi pour cette fois d'effleurer simplement la liberté et d'y renoncer temporairement. En bref, n'importe quelle connerie adolescente qui lui donnerait le frisson illusoire d'être réellement quelqu'un.

    Au début tout se passait bien. Le garçon avait prévu de quoi se désaltérer afin de tenir quelques heures dans le désert et une boussole afin de guider ses pas dans la bonne direction, ce qu'il n'avait pas prévu en revanche c'était que la boussole, à l'origine élément de décoration dans le bureau de son père ne soit pas fonctionnelle et le fasse tourner en rond. L'adolescent avait eut beau ne pas paniquer et s'accrocher à l'idée qu'il allait s'en sortir, il fallait plus que des pensées positives pour affronter cette force de la nature. Le brun se consola en se disant qu'au moins il n'avait fait aucune mauvaise rencontre enfin... disons que ceux sur qui il était tombé étaient bien moins impressionnants que les créatures qu'il aurait pu rencontrer et quand ils l'avait emmené, le brun se doutait bien que ce n'était pas pour lui offrir un jus de fruit bien frais avant de le redéposer chez lui. Le temps lui donna raison alors que le voilà emmené on ne sait où pour des raisons qu'il n'était pas sur d'avoir envie de connaître. Le garçon garda son insolence pour lui même alors qu'on le faisait avancé, conscient que sa hargne ne ferait que le desservir dans l'immédiat.
    avatar
    Rebecca LewisSœur Rebecca de la Croix

    Re: Un sac d'os ou la vie [Ayu]

    Message par Rebecca Lewis le Lun 19 Nov - 20:50

    Le temps que les hommes installent la nouvelle marchandise, une heure s’était passée. Elle se défendait pas mal. Je la voyais un peu mieux maintenant : il s’agissait d’un homme, à peine 13 ans, je dirais d’ici. Je ne pouvais pas donner beaucoup de détail, il fallait que je me rapproche. Mais j’étais bien, adossée à mon bout de bois, maintenant que ce stupide vendeur était parti.

    Je bougeais quand même et me rapprochais de l’estrade. Plusieurs acheteurs s’étaient attroupés atour de moi, puisque plusieurs marchandises étaient à l’affiche aujourd’hui. Des jeunes, des vieux, des femmes, des enfants et des hommes. On pouvait vraiment trouver de tout ici. Je pensais alors à l’état catastrophique de ma demeure, et me mis à penser qu’un serviteur ne serait pas de trop pour tout faire (je n’étais pas forcément super forte en cuisine... manger des bouts de viandes surgelés, ça allait bien deux minutes quoi !)

    Devais-je en prendre un jeune, comme ça il pourrait me durer longtemps, ou plutôt un mature, qui a de l’expérience dans les tâches ménagères. Surtout pas un vieux ! Je ne vais pas gaspiller mon argent juste pour quelques mois de travail...

    Je repenser alors au jeune garçon qui était là, devant mes yeux. On lui avait attaché ses mains dans le dos autour d’un grand bâton en bois, de sorte qu’on puisse bien le voir. Si personne ne fait d’offre dessus, pourquoi pas. Il avait l’air gringalet et vraiment petit. Bah, au moins il passera bien dans les petits coins de ma demeure, là où Mochan adore se planquer.

    « Messieurs et Mesdames ! V’nez, approchez, les enchères vont commencer ! »

    Une masse énorme se rapprocha alors, m’écrasant sur la personne qui était devant moi. Je regrette mon choix de m’être avancé maintenant...

    Le jeune homme était la dernière personne à passer. C’était bien, peu de personne rester jusqu’à la fin. Je vais pouvoir l’avoir facilement.

    Une heure passa, puis deux. Arriva enfin le moment tant attendu. Il ne restait vraiment pas beaucoup de monde, une dizaine, à tout casser. Certain avait l’air carrément riche et prêt à mettre des millions et des millions pour un vieux truc qui ne va pas bien fonctionner. D’autre, à l’opposer, je ne savais vraiment pas ce qu’ils faisaient là. Juste pour le spectacle peut-être ?

    « Alors v’là le d’nier morceau ! Il a traversé l’désert t’seul, sans rien ! Un vrai costaud, c’lui là ! On commence à 1 000 ! Qui dit quoi, là ?! »


    « 1 000 ici. »

    Je levais gracieusement la main et je pu enfin croiser le regard du jeune homme. Des yeux dorés à vous hypnotiser. Yep, il va clairement être à moi, celui-là.

    « 10 000 ! »

    Je me retournais. A la fin de la foule, un homme se démarquait. Bague en or, cigare dans la bouche et deux filles presque dénudée à chaque bras.

    « Hop bah v’là d’la concurrence ! Allez mam’selle, vous laissez pas faire ! »


    Je ne roulais clairement pas sur l’or, mais j’avais quand même réussi à mettre quelques sous de côté. Je devais, quoi ? Avoir 15 569 os caché sous mon lit ? Ce n’est clairement pas suffisant pour battre quelqu’un qui balance une somme comme ça juste en claquant des doigts.

    « 10 001. »

    Bon, il est vrai, ce n’est pas une forte augmentation. Mais il n’a jamais été écrit nulle part qu’on ne pouvait pas faire augmenter les enchères pour un os !

    « 15 000 »


    Je me rapprochais alors de l’homme. Ce jeu avait assez duré. J’avais envie d’avoir cet enfant comme serviteur, et je ferai tout pour.

    « Vous ne savez pas qui je suis, n’est-ce pas ? »

    « Et vous non plus. »

    Sa voix était ignoble. Elle était devenue roque cause, sans doute, des vingtaines de cigares qu’il devait se fumer par jour.

    « Ho que si, je vous connais. Et je sais ce que vous faites. Par contre vous, mon cher, vous ne savez pas que je travaille pour le temple de Dios, et que je peux mettre aux cachots vos jolies p’tites fesses et toutes celles de vos copines. »

    Je ne le connaissais absolument pas, enfaite. Mais on dirait que ma ruse a fonctionné, puisque le gentil monsieur a pris ses cliques et ses claques et est partie, laissant l’enchère sans vainqueur.

    « Bon bah le m’sieur est parti en dirait. Hé c’est la mam’selle qui gagne l’jeunot ! »


    Je leur donne alors leur somme, non sans devoir échanger quelques objets en ma possession pour arriver au montant (10 001 je vous rappelle, puisque l’autre est parti). Ils fient alors descendre le jeune et le mis devant moi, son sac d’affaire posé à ses pieds.

    « Salut. Je suis Rebecca. Je suis dorénavant ta propriétaire. Comment tu t’appelles ? »


    Contenu sponsorisé

    Re: Un sac d'os ou la vie [Ayu]

    Message par Contenu sponsorisé


      La date/heure actuelle est Mer 21 Nov - 0:44