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    Annette PierceBelle-de-nuit

    Une course en enfer

    Message par Annette Pierce le Sam 11 Aoû - 16:19

    Une course en enfer

    Rose Sèvia & Annette Pierce

    « C’est quoi cette tête ? Tu pourrais sourire, tu as la permission de sortir, toi qui voulait tant te balader ! »

    Monsieur Guy continuait de fixer le sourire saccagé de la prostituée, jusqu’au moment où cette dernière daigna décoincer son visage. Un sourire jaune. Comme s’il ne voyait pas du tout quel était le problème avec cette « permission ». Il y a une sacrée différence entre demander à pouvoir quitter le Star Lord pour rendre visite à sa sœur au Paradise Kiss, et obtenir le « droit » de se rendre dans les entrepôts désaffectés pour y récupérer une commande. Il se foutait sacrément de sa gueule et, oh tiens, il ne se privait de le lui montrer, maintenant qu’elle avait « souri » ! Mais comme toujours, Annette ne dira rien et n’en pensera pas moins…

    Elle lui tournait le dos pour aller s’habiller de sorte à pouvoir sortir tranquillement dans les rues, sans qu’on la reconnaisse forcément. Bien qu’il fasse une chaleur à crever à Öazys, elle enfila une cape à capuche, non seulement pour protéger sa peau d’une pâleur extrême, mais surtout pour pouvoir cacher son visage et ses cicatrices de la curiosité malsaine des types du coin.

    La Belle-de-nuit avait une folle envie de tout briser sur son passage. Ils avaient pourtant eu une longue conversation à ce sujet, mais Monsieur Guy n’en avait fait qu’à sa tête, pensant aux profits possibles avant même de songer à la sécurité de ses « employées ». Le Star Lord, comme beaucoup d’établissements, allait maintenant proposer un nouveau forfait, comprenant de la poudre. Et par poudre, il faut bien comprendre drogue… De quoi satisfaire la demande de beaucoup de clients, ne comprenant pas pourquoi il n’y en avait pas déjà. De quoi en rendre plus d’un bien plus imprévisible encore. De quoi donner l’occasion à un taré de forcer Annette à faire ce qu’elle ne veut pas, ou encore à lui martyriser le corps, comme autrefois…

    La blonde ne pouvait pas se permettre une crise et casser quoique ce soit, au risque que cela soit retenu sur son salaire. Elle préféra donc quitter l’établissement la tête haute, tout en prenant soin de tout de même claquer bruyamment la porte. Comme si cela avait le moindre effet sur patron… Cela avait au moins le mérite de la calmer un temps soit peu…

    Bien que ce soit le milieu de l’après-midi, les entrepôts désinfectés grouillent toujours d’individus peu fréquentables, pas franchement avenant, voire vraiment dangereux. La prostituée se félicita intérieurement d’avoir pensé à prendre cette cape pour paraître plus invisible aux yeux de tous ces délinquants. Il fallait se frayer un chemin le plus discrètement possible. Parce qu’entre les fêtards qui se remettaient de leur nuit passée, et ceux qui pensaient déjà à remettre le couvert la nuit prochaine, il y avait un sacré paquet de personnes à qui elle ne voulait surtout pas adresser la parole. Elle a déjà bien assez de cas sociaux qui viennent passer la nuit au Star Lord !

    Une fois dans un entrepôt plus spécialisé dans la vente de drogue et d’humains, elle fut surprise de découvrir que la musique était beaucoup plus basse et les gens un peu plus « civilisés ». Sans doute parce que justement c’était en pleine journée ? Sans doute parce qu’il n’était pas juste question de s’éclater avec des substances et de s’envoyer en l’air avec le premier inconnu qui passe ? Ici, la marchandise n’était pas disponible aux yeux de tous. Il fallait avoir un réseau et obtenir une espèce de rendez-vous pour passer commande. On ne pouvait décemment pas montrer des humains esclaves prêts à être vendus à qui voudrait bien les acheter. C’était discret. Et surtout très malsain. Annette ne se sentait pas en sécurité ici et espérait pouvoir rentrer au plus vite. Ce n’était pas comme si Monsieur Guy lui permettrait de passer trop de temps en dehors de l’établissement de toute façon !

    La blonde s’approcha du « stand » que lui avait indiqué son patron. Elle mit légèrement en arrière sa capuche, de sorte qu’on puisse la reconnaître. Ce n’était pas bien difficile en même temps… Son supérieur avait dû faire passer le mot indiquant qu’une de ses prostituées au visage massacré passerait chercher la commande.

    « Je viens pour Monsieur Guy. Il m’a dit que tout était déjà réglé. » Lança-t-elle d’une voix ferme, un œil vers un autre stand dont l’activité plus que louche lui déplaisait fortement.
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    Rose SèviaDame aux fleurs

    Re: Une course en enfer

    Message par Rose Sèvia le Dim 12 Aoû - 18:10



    Comme on punit un enfant n’ayant pas bien fait ses devoirs, on avait sanctionné Rose. Ses maîtres avaient remarqué que la jeune femme proposait régulièrement des fleurs à leur clientèle et commençaient à s’en lasser. Ils tenaient à avoir une réputation dignes de grands mafieux. Aussi, proposer des fleurs pour faire plaisir à l’entourage ne collait pas vraiment à leur image. Autant ils acceptaient qu’elle s’en serve pour créer toute sorte de produits illégaux, autant ils préféraient éviter qu’ils deviennent les fleuristes officiels du souk. Le message était clairement passé en torturant une de leurs esclaves prise au hasard. La brune avait pleuré toutes les larmes de son corps devant le spectacle et avait imploré leur pardon. Ils le lui accordèrent mais ne réduirent pas la peine de cette pauvre fille. Ce n’était pas elle qui avait fauté et pourtant elle payait le prix fort. Le coeur de ces mafieux était décidément froid comme de la glace. Quel malheur que ceci soit arrivé pour une simple histoire de vente de fleurs. D’autant que cela leur avait rapporté des pièces d’or. La brune avait pensé bien faire, la pauvre. Jamais elle ne se le pardonnerait et elle ferait tout pour rentrer “dans le droit chemin”.

    Les ordres du jour étaient clairs : elle tiendrait le stand dans les entrepôts désaffectés et y vendrait les stupéfiants qu’elle fabriquait. Là-bas il ne serait pas question de démarcher les clients, seulement de les recevoir. Ce serait simple. Il n’y avait aucune possibilité d’échouer dans sa mission et donc de décevoir ses propriétaires. Comprenez bien que la pauvre Rose était réellement traumatisée par ce qu’elle avait vu. Son dernier souhait était que que d’autres personnes pâtissent de ses actions.

    Le stand était tenu convenablement par la brune qui avait noté et retenu tous ceux qu’elle aurait le “plaisir” d’accueillir. Elle ferait attention à fournir le bon produit à la bonne personne. Ce n’était franchement pas compliqué. Le seul problème était que la frustration rongeait la brune. Sèvia, son royaume natal lui manquait terriblement, sa liberté également et elle avait compensé leur perte par les ventes brèves de ses fleurs. Désormais, il ne lui restait rien. Elle avait l’impression d’être devenu officiellement l’outil du crime dans toute sa splendeur et qu’elle ne pourrait plus faire de bonne action.

    C’était la première fois de sa vie que son sourire, bien que présent, devint moins franc. Il était comme ses images que l’on laisse trop au soleil et qui perdent leurs couleurs. La brune commençait à perdre la foi. En s’en rendant compte, elle se sermonna. Comment pouvait-elle laisser gagner la noirceur de ce monde ? Shinrin avait forcément entendu ses nombreuses prières. Si ce n’était pas lui, le destin ferait que la roue tourne. Il fallait prier plus fort, espérer plus. Surtout, elle devait tenir bon sinon elle n’aurait plus de raison d’être. La vie méritait d’être vécue même dans des moments difficiles. Il faut toujours se dire qu’il y avait pire comme situation.

    En voyant le visage de la prochaine cliente, elle se rendit compte à quel point cela pouvait être vrai. On lui avait expliqué qu’une prostituée défigurée viendrait récupérer la commande mais elle ne s’était pas attendue à cela. Il n’était pas poli de dévisager autrui mais comment voulez-vous rester de marbre face à ce qu’on avait fait à cette pauvre jeune femme ? Le plus marquant était qu’elle restait très belle. Quelle tristesse de voir qu’on lui avait fait enduré tant de souffrance. Rose ne put s’empêcher de se dire qu’elle aussi devait avoir des maîtres cruels. La différence entre elles était que la brune n’avait jamais subi de sévice corporel. Ils la travaillaient au mental, d’un sens elle avait “de la chance”.

    Rose n’avait pas tardé à répondre à la jeune femme, malgré sa stupeur quand aux cicatrices.

    « Oui, en effet, tout a été réglé. »
    Dit-elle de sa douce voix avant de sortir délicatement le colis d’une boîte fermée à clé. Elle lui tendit le paquet contenant la poudre avec délicatesse.

    « Voici pour vous. »

    La brune se mit à chercher rapidement dans ses tiroirs et en sortit un carnet et une petite boite. Elle nota rapidement sur une feuille volante ce message, tout en parlant : “Je suis sur écoute, mais je vous offre ceci. C’est une crème que j’ai fabriquée. Appliquez-en avec des gants sur toute personne qui vous veut du mal. Cela a un pouvoir paralysant quasi instantané. Il y a des fous partout, cela pourrait vous être utile. Entre esclaves, on peut se serrer les coudes. ”

    « Si vous pouvez signer le reçu, s’il vous plaît. »


    Rose ne pouvait rien faire en général pour ceux partageant sa condition mais aujourd’hui était l’exception qui confirmait la règle. Cela permettrait d’égayer un peu cette triste journée. De plus, elle ne se voyait pas le courage d’utiliser ce genre de produit, bien que cela n’était pas réellement offensif. Alors, autant que cela serve à quelqu’un dans le besoin. Cela lui éviterait peut-être de futures cicatrices.
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    Annette PierceBelle-de-nuit

    Re: Une course en enfer

    Message par Annette Pierce le Dim 12 Aoû - 20:31

    Une course en enfer

    Rose Sèvia & Annette Pierce

    Ici, les femmes étaient traitées comme des moins que rien. C’était triste, mais cela « rassurait » tout de même la prostituée. Elle n’était pas seule. C’est malheureux de se « réjouir » pour cela, mais au moins cela la confortait dans l’idée qu’il existait tout un tas d’autres femmes à Öazys qui subissaient une certaine pression et n’avaient pas le droit de jouir de leur liberté. Il n’y a pas que des Lucie, Morgane et autres bombasses pouvant pavaner sous son nez pour lui rappeler qu’elle n’est qu’une esclave sexuelle. Il y en d’autres, bien qu’elles ne fassent pas de leur lit leur principal gagne-pain, qui devaient faire des tâches tout aussi humiliantes afin de vivoter.

    La douceur de la voix de celle qui s’occupa de lui donner la commande la surprit dans ses pensées. Face à elle, une très belle femme, dont la beauté naturelle aurait de quoi en charmer plus d’un au Star Lord. Peut-être même qu’elle parviendrait à attirer dans ses bras son Callum ? Quelle idée horrible ! Mais il fallait bien reconnaître qu’avec cette voix semblable à un chant d’oiseau et son minois parfait, cette femme était tout simplement magnifique.

    Son regard s’attarda sur ses cicatrices. Evidemment, personne ne pouvait s’en empêcher, pas même ceux dont le cœur est pur en intention. La Belle-de-nuit, gênée par ces œillades, remit en place sa capuche, de sorte qu’une ombre vint de nouveau masquer en grande partie son visage abîmé. La vendeuse, si l’on peut l’appeler ainsi, avait eu assez de temps pour reconnaître la cliente. Pas la peine de faire preuve de curiosité malsaine, Annette en subit déjà bien assez ! Autant ne pas lui laisser la tentation de poser une nouvelle fois longuement ses prunelles sur les marques qui saccageaient le bas de son visage.

    Selon ses dires, en effet, tout était réglé. Ce qui permettrait à la Belle-de-nuit de prendre le paquet et de filer au plus vite, avant de s’attirer un problème, par exemple. La demoiselle chercha la commande de son patron et lui remis entre les mains. Soucieuse de bien faire son « travail », Annette examina brièvement le contenu du pochon. Pas de doute, Monsieur Guy n’avait pas commandé une certaine quantité d’aspirine, à son grand désespoir. Le visage de la prostituée se tordit un instant, tant elle était agacée par les choix de son supérieur. Il ne semblait pas se douter des dangers qu’une telle poudre pouvait apporter au Star Lord… Ce n’est pas possible d’avoir des œillères pareilles !

    La vendeuse griffonnait quelque chose tout en lui demandant de signer un reçu. Annette n’aimait pas bien divulguer son identité, mais elle se doutait qu’elle n’avait guère d’autre choix. De toute manière, on la connaissait le plus souvent sous le nom d’Annette du Star Lord. Machinalement, elle attrapa la feuille et le stylo que lui tendait la belle brune. Une patte de mouche « Annette P » et cela suffirait bien. Elle mit plusieurs secondes à comprendre qu’il ne s’agissait pas d’un reçu, mais d’une notice qu’elle parcourut rapidement. La dernière phrase tournait en boucle dans son esprit : « Entre esclaves, on peut se serrer les coudes. »

    Un petit regard vers la petite boite, dans laquelle elle supposait trouver la fameuse crème paralysante. Juste à côté se trouvait le vrai bon à signer. Sans se poser de question, Annette écrivit sur la papier son prénom, la première lettre de son nom et le nom de son patron. Elle cliqua sur le bout du stylo pour que la mine se rétracte et conclu la vente :

    « Voilà, tout est donc réglé. »

    Elle appuya sur ces mots, pour être bien certaine qu’il s’agissait là d’un cadeau qui ne serait pas facturé plus tard. Et quel étrange cadeau ! Qui offre un truc pareil à une inconnue ? Ah, ce doit être une sorte de pitié… En même temps vu ses cicatrices… Bon, ce n’était pas comme si la prostituée allait se permettre de faire la fine bouche. Qui sait, le cadeau de cette inconnue pourrait peut-être bien la sauver un de ces jours de l’emprise d’un psychopathe désirant continuer le carnage sur son visage…

    « Je ne manquerai pas de dire à mon patron que vous travaillez bien et êtes attentifs au sujet de vos clients. »

    Si elle était sur écoute, il fallait continuer de broder sans que l’on puisse comprendre forcément le sens de ses paroles. C’était donc là des remerciements de la part de la blonde qui rangeait la commande dans la poche intérieure gauche de sa cape et le petit extra dans celle de droite.

    « Monsieur Guy fera sûrement d’autres achats chez vous à l’avenir… »

    Cela lui coûtait terriblement de prononcer cette phrase, mais le connaissant, et connaissant les clients, la poudre ferait le bonheur de tous et il en faudrait plus dans un avenir proche…

    « … Puis-je savoir à qui j’ai eu affaire ? Puis-je également savoir vos horaires ? De sortes que je repasse lorsque vous travaillez ici les prochaines fois. »

    Traîner un peu plus que prévu, finalement, cela ne la dérangeait plus autant. Si elle pouvait se trouver en tête à tête ne serait-ce que quelques minutes avec cette femme pour réellement la remercier, cela serait plus que suffisant. Car oui, entre esclaves, on se serre les coudes.
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    Rose SèviaDame aux fleurs

    Re: Une course en enfer

    Message par Rose Sèvia le Lun 13 Aoû - 22:47



    Une fois le carnet en main, Rose découvrit le prénom de celle qui partageait sa condition. Ce dernier avait une sonorité qu’elle trouvait très agréable : il s’agissait d’Annette. Elle aussi semblait bien trop douce pour ce monde impitoyable. Elle aurait dû vivre une existence paisible, loin d’ici, si Teren avait été un monde juste. L’esclavage n’existerait pas, personne n’y aurait même songé. Malheureusement, il semblait que ceux qui cachaient le mieux leur bonté régnaient sur autrui. Cette situation ne pouvait qu’être temporaire. Un jour ou l’autre, soit les cachotiers feraient ressortir leur bonté, soit les personnes dominées briseraient ce cruel équilibre. D’ailleurs, plus ou moins consciemment, par leurs actes, Annette et Rose participaient à ce possible avenir. L’entraide était la clé.

    Officiellement, le deal fut conclu mais la communication se poursuivit au delà de ce que pouvaient entendre d’éventuelles oreilles indiscrètes. Rose interpréta les propos de sa cliente comme des remerciements de la blonde et y répondit avec sincérité :

    « Je vous en remercie. J’essaie de me mettre à la place de mes clients pour répondre au mieux à leurs besoins. Si je ne puis affirmer que j’y arrive à chaque fois, j’ai au moins le mérite d’essayer. Et, jusqu’ici, j’ai la chance de n’avoir que des bons retours. »

    Sa phrase s’appliquait autant pour son devoir envers les trafiquants que pour son interlocutrice. Elle n’avait pas la prétention de détenir ce qui pourrait réellement aider Annette, son cadeau était peut-être déplacé, mais elle avait fait un geste. Ne disait-on pas que c’était l’intention qui comptait ? L’autre semblait accepté le cadeau, étant donné qu’elle l’avait caché à l’intérieur de sa cape.  

    La discussion se poursuivit avec un naturel assez déconcertant. On aurait dit que les deux femmes avaient pratiqué ce genre de discours à double sens depuis toujours. Connaître des conditions de vie difficile qui s’approchaient de la survie psychologique devait y être pour quelque chose. Sans doute que toutes deux avaient attendues de pouvoir un jour communiquer avec une personne qui les comprendrait. Cet espoir peut semblait dérisoire. Pourtant, puisque toutes deux avaient certainement peu de chance de connaître un jour la joie d’être libre, échanger était l’équivalent d’un cadeau tombé du ciel. Cela ne se représenterait peut-être plus.

    Rose sauta donc sur l’opportunité en ne se faisant pas prier pour apporter des réponses précises à son interlocutrice.

    « Je serais ravie de compter monsieur Guy parmi mes clients réguliers. Vous pourrez transmettre la sympathie de Rose Sèvia. Vous pourrez me trouver ici chaque mardi, jeudi et samedi de neuf heures à minuit. Si ma mission ici est de remettre la marchandise à mes clients, dites-lui bien que je suis toujours disposée à répondre à ses interrogations. »

    Enfin, la brune envisageait des possibilités de communiquer sans mettre qui que ce soit en péril. Ses maîtres n’iraient pas jusqu’à analyser la moindre de ses phrases. Ils devaient juste vaguement rechercher des mots suspects. Elle ne les imaginait pas écouter chaque jour la totalité de son discours. Ils devaient utiliser un Aktech’ permettant de repérer des éléments n’appartenant pas à leur domaine. Si c’était bien le cas, elle était couverte.

    « D’ailleurs, je me répète car c’est important : s’il venait à avoir des nouveaux projets, je serais ravie de les entendre. Bien évidemment, il doit être très pris mais je suppose qu’il peut vous transmettre le message. Ainsi nous pourrions échanger sur le sujet. »  

    L’idée du projet leur permettrait de se parler assez tranquillement sans réelle limite de temps. Si d’ici là, Rose trouvait le moyen de brouiller les enregistrements, ce serait parfait. Elle n’était pas du tout branchée en ce qui concernait la technologie de communication mais elle arriverait bien à obtenir quelques informations au souk de manière subtile. L’ex vendeuse de fleurs pouvait bien se démener un peu pour obtenir une vraie discussion avec Annette... Si elle le voulait. Enfin, soyons logiques, si elle ne comptait pas la revoir elle ne lui aurait sans doute pas demandé ses horaires ? Si ? L’inconvénient d’utiliser des messages cachés, c’est qu’il n’y avait jamais de certitude quand au fait qu’il y ait bien un double sens.

    Rose priait intérieurement qu’Annette était bien décidée à une entraide plutôt qu’à une dénonciation. Maintenant qu’elle y pensait, la blonde aurait pu rapporter ses actions auprès de son patron ou de ses maîtres. Cela aurait été catastrophique. En l’espace d’une seconde, la brune sentit la pression monter de son côté. Avait-elle bien fait d’agir de la sorte ? Est-ce que le départ de la jeune femme signerait la punition ultime ou son salut ? Que lui réservaient les jours à venir ?

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    Re: Une course en enfer

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