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    Armerys HorhorMercenaire

    /i▬ Rencontre innatendue [pv Blue]

    Message par Armerys Horhor le Dim 22 Juil - 16:09


    - Mörn, surveille le coin, je reviens dans peu de temps. Je m’en vais voir ce que sont devenus les pièges qu’on a installé.

    Au cœur même de la forêt de Sévia, il y avait un ensemble de grottes bien dissimulées par la verdure dominante dans la zone. Et c’est dans l’une de ces dernières, que je m’étais réfugié avec Mörn, pour quelques jours. Nous étions sur la trace d’un certain « Makhy », un jeune garçon du centre-ville qui avait fugué de chez lui. Jeune d’environs quatorze ans, il avait pour habitude de crier à ses parents qu’il désirait vivre dans les arbres, et même… qu’il allait trouver un moyen d’en devenir un le plus rapidement possible. N’ayez crainte, nous n’avons pas l’habitude de nous occuper des problèmes de cet ordre, mais en temps de paix, les missions pour les mercenaires sont quelque peu réduites. Ainsi donc, pour avoir quelque chose à se mettre sous la dent et pour alimenter les kwaks que nous avons achetés à la sueur de nos poches, il nous fallait obligatoirement nous abaisser à faire ce genre de travail.

    Et puis… qui étais-je pour juger de l’importance d’une mission ? N’était-ce pas la commission seule qui était juge de la valeur de la mission ? Je vous laisse donc imaginer ce que des parents sont prêts à payer pour le retour de leur enfant et vous trouverez ainsi, la raison pour laquelle il nous a été difficile de dire non. Debout devant l’entrée de la grotte qui était légèrement basse, j’observai par-dessus mon épaule mon camarade humanoïde qui était assis au fond de la pièce. Vêtu d’un pull-over ouvert en son centre, je me tenais bien au chaud avec les gants qui dissimulaient mes mains. Mon pantalon bien long, s’enfilait dans mes bottes hautes, prêtes à affronter les terres instables de la forêt. Il était important aussi de mentionner l’écharpe qui entourait mon cou, pour me tenir aussi en bonne température. En somme, j’étais comme une personne prête à vaincre la nature.

    D’un acquiescement de la tête, Mörn me fit comprendre qu’il avait compris ce que je voulais dire. Le regard blasé, et les traits de fatigue que mon visage dessinait, montraient bien que je ne m’attendais pas à avoir un meilleur résultat que ceux des huit jours précédents. Mais l’espoir étant également une partie du métier, je me résolus à aller observer ce qui s’était fait prendre aujourd’hui.

    Engageant donc la marche dans la forêt dense, mon esprit naviguait entre souvenirs et ambitions. Et mystérieusement, un nom que je connaissais très bien, revint dans mon esprit avec vivacité. Blue Zandal’ar. La dernière fois que l’on s’était croisé, c’était sur les terres Baal, il y avait près de deux ans. Et pourtant, son regard restait bien gravé dans mon esprit. Peut-être était-ce parce que j’avais toujours Pufu avec moi – le furet que j’avais pris à ma Némésis – que je n’arrivais pas à oublier son visage. Mais comme pour me chasser ces idées de la tête pour me concentrer sur ce qui était important, je secouai rapidement ma tête de gauche à droite avant de laisser ma main caresser le dos de ma nuque :

    - Ah là là… Je devrais vraiment me concentrer moi… Sinon, je peux dire adieu à ma paie.

    L’odeur de la forêt était bien présente, aussi présente que l’écho des paiements lointain des oiseaux qui vivaient dans les arbres. Les rayons de soleil, perforaient parfois le feuillage des arbres, pour venir caresser la surface de ma peau, me rappelant alors que j’étais vivant, et que la vie pouvait de temps en temps se montrer agréable. Mais cette sensation de bien-être soudain, m’agaçait dans le fond. Parce que généralement, il annonçait une suite bien désagréable.

    Arrivé au premier tronc d’arbre, je vis un lapin accroché au sommet d’une branche. Le visage froissé d’agacement, j’exprimai bien mon dégoût à la vue de ce qu’il se présentait, par un râle vibrant qui chassa les oiseaux qui étaient aux alentours.

    - Qu’est-ce que tu viens faire là toi ? Tu ne sais pas que ce n’est pas un endroit pour animaux ça ?

    Demandais-je en sautant sur la branche d’arbre pour m’y accrocher avec mes deux mains. Par une traction rapide, je me retrouvai au-dessus de cette dernière, dénouant le lien du filet dans lequel la bête avait été prise, jusqu’à la libérer.

    Une fois cela fait, je remis tout en place avant d’observer l’arbre à nouveau.

    - Hier, c’était un loup, aujourd’hui un lapin. Que nous réserve encore l’avenir, j’ai peur de le savoir.


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    Blue Zandal'arFurettozorus Rex Blue

    Re: /i\▬ Rencontre innatendue [pv Blue]

    Message par Blue Zandal'ar le Lun 23 Juil - 2:25



    Rencontre innatendue

    "Chassons le naturel, il revient au galop.."

    Nyx
    Enfin nous y voilà.
    Cela faisais quelques jours déjà que j'étais à Sévia pour ne pas dire plusieurs semaines, j'avais reconnue la beauté de ces lieux et le mystique qui s'en dégageait comme une seconde maison, chassant de ci-delà quelques humains avares et sans scrupule qui n'avait pas hésité une seule seconde à abattre animaux où arbres dans leur propre but égoïste. J'avais appris à me rendre utile tout en me faisant oublier et la chamane que j'étais, ne pouvait s'en sentir plus heureuse.

    Entre deux, je m'étais acquitté d'une mission, simple quête de terrain qui me permettait de passer mon temps mais également, de trouver des indices même infimes sur la cité de Mühr et d'un peut-être dénommé Armérys.
    Je n'avais pas perdue le Nord, ma chasse fructueuse jusque là m'avait amenée à un hangars de metal caché entre la mousse, les arbres et la verdure, où un symbole "M23" semblait avoir été dépeint par les griffures sur la structure métallique depuis des années.

    Ma curiosité m'avait forcé à entrer dans ce hangars et arbalète en main je m'étais glissé à pas de loup dans le lieu vide jusqu'à trouver par hasard une épave -du moins c'est ce que j'avais osé croire- d'une sorte de robot géant, toisant presque les quatre mètres.
    Invraisemblable, comment un homme avait-il pu construire un élément aussi inapproprié en ces lieux? Les âmes qui me suivaient et me protégeaient depuis un certain temps mirent mes sens en alerte et tandis qu'à fleur de peau, j'observai les papiers aux écritures et calculs divers et complexes, j'avais pu sentir sur moi un regard scrutateur se poser sur mon échine glacé.
    Je ne peux expliquer le malaise qui s'installait en moi

    ________________________________________

    La poussière s'élevait de-ci et de-là, l'odeur du moisit mêlé aux décoctions de tous genre fit éternuer la belle qui dû retenir une toux sèche, elle posait son avant-bras sous son nez en fronçant les sourcils en poursuivant ses recherches monotones tandis que le sentiment d'être observé devenait omniprésent.

    Se déplaçant avec un silence expert dont seuls les plus grands félins en ont le secret,  ses yeux plissés vinrent à cueillir les informations escomptés sur l'expérience "M13", vaguement les écrits menaient à un squelette dont les vêtements poussiéreux et en lambeaux montrait un humains mort dans ce hangars depuis déjà des années.
    La chamane se penchait et observait les détails du mort, une flèche en plein dans le plexus démontrait donc une meurt non-naturelle.
    Soudain, son oeil fut attiré par un joyeux aux milles convoitises, l'être décharné détenait un pendentif sous forme de soleil en pierre ambré. S'il on connait les propriétés de l'ambre tels que les connaissait Blue, on aurait immédiatement sauté sur l'occasion pour le dérober.

    Et c'est ce qu'elle fit, avec une infime délicatesse, ses doigts fins et frêles vinrent à saisir le pendentif.
    Un bruit sourds et l'envolée d'oiseaux endormis dans ce hangars lui fit stopper sa manoeuvre. Levant le visage en cherchant la source du bruit, ses yeux scannaient minutieusement la source de ce malaise qu'elle ressentait.
    Déglutissant, elle savait que cela pouvait passer pour un premier avertissement auprès des esprits de ce lieux, mais peu importe pour elle, l'ambre avait de ces pouvoirs naturels qu'il lui fallait absolument ajouter à son arsenal et aucune créature ne pouvait pâtir de ce vol.

    Alors hésitante, elle manoeuvrait en douceur une seconde fois, ses doigts frôlaient l'objet aux éclats d'un soleil ardent, et un second bruit sourds, puissant et métallique lui fit lever ses poils sur l'échine, elle se retournait.
    Le nez renfrogné et ses iris azurés sondèrent le lieu vide, sa peau tendue et les traits de son visage tendu par la nervosité, elle soupirait finement entre ses lèvres; L'impression d'être observée n'était pas anodine. Alors n'y tenant plus, elle cherchait la sortie du regard, elle calculait son sprint à l'avance en cherchant de ses iris cyan les éventuels obstacles à éviter, peut-être serait-elle à l'abri une fois dehors?

    Elle prononçait un dernier soupir de lassitude voué à libérer le stress intense qui s'était cumulé sur son corps et son esprit puis, d'une traite aussi vive que l'éclair, elle arracha le pendentif en forme de soleil, le jeta dans sa besace pleine d'herbes et d'autres choses et se mit à courir.
    Au moment où ses jambes galbées allaient chercher sa première foulée, le robot-géant du hangars s'était activé, faisant entendre les cliquètements divers et variés de son anatomie metalique.
    Ses billes lumineuses lui servant d'yeux envoyèrent une luminosité si cru qu'elle projetait la lumière de la voleuse au-delà de la sortie de l'entrepôt.

    Blue sortie en trombe de l'entrepot "M13" bifurquant violemment sur la gauche en un dérapage contrôlé de ses mollets, précédant de ce fait un éclatement sonore du hangars, le robot venait de faire exploser une grande partie le lieu où il résidait et, l’électricité parcourant son corps magnétique, il se lançait à la poursuite de la chamane.

    Son coeur battant la chamade, ses jambes dévalaient les mètres de mousses et de verdures, son corps semblait flotter dans l'air tant sa rapidité en était effrayante, sa dextérité lui permettait de violemment changer de direction, contraignant de ce fait à son lourds et puissant poursuivant de prendre le temps d'arracher les arbres sur son chemin pour lui permettre de garder le cap sur sa proie.

    Elle distançait son poursuivant de cette manière et fière d'elle, Blue ralentissait son allure non sans omettre de regarder derrière elle et de s'arrêter, quelque chose clochait.
    Ses sens étaient en alerte et ses oreilles avaient captés un mouvement et surtout une couleur particulière, le robot "M13" venait de passer ses lumières bleutés en une couleur rouge, au loin sa voix robotique fit vibrer le sol par un " initialisation et adaptation au combat" aussi saccadé qu'il en était angoissant.

    Blue soudain écarquillait les yeux, un missile énorme venait de lui être envoyé en plein sur sa position.
    Son coeur fit un bond dans sa poitrine tandis qu'elle esquivait le missile qui vint se planter derrière elle, offrant une pluie de terre diluvienne qui vint alourdir sa course effrénée.

    Cependant loin de s'avouer vaincue, la belle de nouveau exerçait des slalomes et dérapages cours mais intense, sachant que la machine qui la suivait bien que lente, n'en était pas moins dépourvus de mobilité.
    De nouveau elle distançait le monstre et pour une question de souffle et d'endurance, Blue ralentissait sa course et jeta un regard en arrière pour s'assurer qu'elle pouvait négliger son allure.
    Toujours en courant néanmoins, le nez vers l'arrière elle ne vit pas l'espace de quelques secondes l'obstacle qui s'était dressé devant elle.
    Heureusement qu'elle avait négligé son allure car elle rentrait dans la personne devant elle de façon plutôt douce mais précipité alors que cela aurait pu être bien pire...

    En deux ans, elle avait eut le temps de grandir et ses cheveux d'encre pousser un peu plus, son corps renforcé par les nombreux entraînements bien que svelte et charnel plaqua avec surprise celui de l'homme contre l'arbre.
    Son visage s'était enfouit-tournant la tête au moment du choc- contre le torse de l'individu de fait elle cachait son visage et gardait une certaine surprise quant à son identité.
    Pour elle, même si c'était un moment assez délicat, virant en un violent rouge pivoine sous ses traits d'obsidienne, elle ne pouvait qu'apprécier la chaleur émaner du corps contre lequel elle venait de tomber.
    Du moins, c'était toujours plus moelleux, chaud et conviviale qu'un tronc d'arbre!

    De nouveau le bruit si stressant et oppressant du roulage mécanique, le robot venait sans aucun doute d'amer un autre de ses missiles, il fallait bouger!
    Elle prit du recul en posant avec fermeté mais douceur ses mains sur le torse de la personne sur laquelle elle était tombé, prête de nouveau à fuir, mais en avertissant l'inconnu de bouger.

    Seulement ...
    Ses yeux s'écarquillèrent. Son coeur manquait un battement et son visage miellé pâlissait. Sa gorge se déséchait et elle ne put réprimer un déglutissement tandis qu'elle reculait avec surprise, ses iris aux nuances d'un océan limpide démontrant toute une panoplie et palette d'émotions qui la traversaient.
    Gênée, elle lui avait rentrée dedans sans s'excuser.
    Charmée, il avait changé lui aussi en ces deux ans et pas qu'en négatif. Elle se demandait même si c'était bien lui? Apparemment vu son regard... oui à n'en point douter.
    Surprise, Ah ça! Pour une fois qu'elle n'avait pas pensé à lui... ses iris cherchaient une réponse sur la moquerie de sa destinée.
    Incompréhensive, en colère, énervée, elle ne voulait pas qu'il lui rappelle ces années de malheur qu'ils avaient vécus l'un contre l'autre.
    Pleine d'espoir, cependant à l'idée de cloturer ce cycle de la haine.
    Reconnaissante
    du fait qu'il était là à la place du tronc d'arbre sec et épineux qui était derrière, dalleur elle espérait qu'il ne ce soit pas fait mal...
    Appeuré. Le bruit strident du missile approchait.

    Elle lui attrapait soudainement le bras comme lors de leur dernière entrevue, plus musclé et plus difficile à ployer, elle du y mettre pas mal d'énergie, quitte à lui mettre une main chaude et délicate derrière sa nuque de façon à le forcer de se pencher afin qu'il esquive le missile qui venait alors d'arracher l'arbre derrière eux mais aussi... les autres qui étaient derrière: laissant une traînée de poussière noires carbone derrière lui.

    Elle retournait son visage et vit le géant qui était de nouveau dans son sillage, sans avertir outre mesure, elle entraînait Armerys avec elle ne désirant pas le lâcher tant qu'ils ne seraient pas en sécurité.
    S'il avait gagné en charisme, il n'avait pas gagné en rapidité et sachant pertinemment qu'il avait gardé la rancune tenace, elle espérait qu'il soit aussi habile à la poursuivre qu'à vouloir sauver sa vie.

    Elle le lâcha dès lors et redoublant d'énergie, lui passa devant le nez à la façon d'une balle, le doublant de loin, gagnant de plus en plus d'espace, se retournant, elle fronçait les sourcils en marquant sa cicatrice sur ne lez par une expression clairement vouée à animer chez lui l'instinct de chasse.
    " -  Aller! Rattrape-moi! Aller! ALLER!"

    L'encourageant de la sorte, elle observait par la même occasion les feuillages et les branchages se plier sous le poids du géant d'acier, elle réfléchissait en reprenant la course dès que l'homme était trop prêt d'elle, le fleuve! C'était le seul moyen d'échapper à ce golem métallique.
    Sautillant sur place, elle détalait comme une gazelle vers le fleuve, une idée bien précise en tête tandis que les missiles derrière elle, faisait toujours pleuvoir des particules de terre et de mousse qu'il fallait sans cesse esquiver...


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    Armerys HorhorMercenaire

    Re: /i\▬ Rencontre innatendue [pv Blue]

    Message par Armerys Horhor le Dim 5 Aoû - 6:17

    Dans le regard imperturbable qui se dessinait sur mon visage, une étincelle de fierté fut perçue quand je découvris pour la première prise que j'avais pu avoir après tant de jours d'efforts. Depuis le pied de cet arbre géant, ma tête se releva pour observer avec détail ce que j'avais pris. Une bête animale dont l'espèce était inconnue, mais qui semblait être aussi épaisse qu'une biche, avec la fourrure d'un félin. Ses yeux verts ne permettaient pas que je puisse l'assimiler à quoi que ce soit, mais il était certain que j'allais me débarrasser de ce doute une fois sa tête tranchée, quand il faudra faire cuire l'animal pour le manger.

    Je m’avançai donc fièrement vers la cible de mon piège, quand soudainement, un bruit lointain, qui fit quitter les oiseaux de leurs arbres tranquilles attira mon attention. Cette sonorité semblait provenir du sens contraire à celui que mon corps et regard indiquait. Quel était le souci, véritablement ? La réponse ne m’était pas acquise, mais toutefois, l’intérêt que je gagnai pour le changement soudain de situation, me fit me mettre face à l’arbre qui retenait mon repas du jour, le regard et le corps observant vers la source de ces turbulences.

    Il me fallut quelques secondes pour qu’à la suite, une étrange personne, svelte et leste, dont la silhouette aurait pu me rappeler quelqu’un que je ne pouvais oublier – Zandal’ar – mais dont la corpulence était légèrement différente pour que je puisse offrir le bénéfice du doute. Cette femme, aux aspects sauvages se heurta à moi, me laissant percevoir la douce odeur de la nature, et la chaleur féminine de son corps qui se pressait contre le mien. A un moment, le choc fut d’une brutalité – non pas physique mais émotionnelle – qu’il était tel que, le sang courra immédiatement dans mes veines, laissant mes pupilles afficher l’iris unique de mes yeux bruns.

    Sa crinière en bataille, initialement en mouvement comme elle-même, se rabattit sur son dos, donnant à cette perle rare et brute, un aspect travaillé et raffiné. Mais ce sentiment de béatitude aussi unique dans une vie que le premier instant d’amour véritable, ne dura pas longtemps, à cause de la présence métallique d’une tierce personne qui avait décidé de m’ôter une once de paisibilité aujourd’hui.

    Ce sentiment de pseudo-paisibilité se changea bien vite en une crue animosité, quand je pus enfin voir le visage de la belle qui s’était heurté contre moi. Je ne la connaissais que trop bien. Si d’une vue globale, elle avait quand même changée, son visage était gravé sur le dos de mes paupières et même inconscient, j’aurais toujours été capable de voir ce qui animait mon être en permanence, le désir profond de vengeance. La douceur laissa place à de la sauvagerie, et mes yeux bruns semblaient être animés d’une flamme mêlée entre la colère et la détermination. Avant même que je ne dise un mot, elle me traina sur le sol, pour je ne savais quel raison – trop aveuglé par mes ressentiments pour voir le mal que représentait la machine.

    Accroupi, je me redressai pour essayer de saisir, en vain, la jeune Zandal’ar. Mon visage se déforma aux traits de la rage et de la stupéfaction. La seule chose de voulue, était sa mort, de la plus cruelle des façons. Car quand je voyais son être, les bribes de souvenir me revenaient, comme si l’anéantissement de mon peuple était encore hier…

    - rraaAAAAA…. !!!! ZANDAL’AR !!!! M’écriais-je jusqu’à ce que mon cou dessine bien la veine de la rage qui m’animait.

    Elle semblait être prête à fuir, et ce fut d’ailleurs ce qu’elle fit après m’avoir invité à la chasser. Que le ciel tombe derrière moi, une ville explose devant, je n’aurais même pas prêté une oreille. Mon attention était totalement focalisée sur la cible de ma colère, oubliant quelques secondes que le monde lui-même nous mette les bâtons dans les roues. Et c’était le cas de la machine, qui larguait des explosifs de façon répétitive…

    La forêt s’était changée en champ de bataille, de quoi biensur enrager les esprits protecteurs de la forêt de Sevia. De la boue nous retombait dessus en permanence, des troncs d’arbre brûlaient partiellement par la puissance de frappe de la machine géante. Fort heureusement, à mon niveau aussi, je faisais preuve d’agilité, m’agrippant sur un tronc d’arbre pour l’utiliser pour me propulser, et évitant de prendre appui sur la mousse qui aurait pu être glissante. Le regard aveuglé par la haine, mon épée ne mit pas longtemps avant d’être dégainé.

    - BLUE !!! Ainsi donc tu es descendue… tu ne m’échapperas plus jamais !!! Lançais-je en me jetant une fois sur elle.

    De son agilité étonnante et de sa célérité à nulle égale. Ainsi, elle m’esquiva rapidement avant de continuer sa course, me faisant bien comprendre que si je lui mets la main dessus, ça ne sera jamais par la grandeur de mes capacités physiques. Mais elle sous-estimait la rancœur que j’avais contre elle, car sinon, elle n’allait pas agir avec tant d’assurance. Même s’il aurait fallu que je détruise mon corps, j’allais le faire sans hésiter – et sourire aux lèvres – pour arracher la tête de cette misérable.

    Bien que mon ambition fût grande, celle du géant de métal l’était encore plus. Constatant qu’on se rapprochait doucement de la rive du fleuve, et que de là, on aurait pu fuir, aisément, il concentra un laser, assemblant son énergie en un seul point, avant de jeter tout cela sur nous. L’avancée du jet énergétique était inquiétante, mais d’un bond vertigineux de la sauvageonne – et du mien qui la suivait avec mon épée à la main – le monstre robotique ne put que détruire les arbres là où nous étions.

    Cette attaque aura au moins été la dernière, car l’énergie totalement épuisée, les pupilles rouges de l’armure de métal, devinrent noire sombre, et le corps également, son corps, se figea totalement. Mais cela n’était bien évidemment pas, mon problème. Même dans l’étendue d’eau qui semblait nous entraîner sans son courant, je tentai de nager dans la direction de la Baal, luttant contre ma fatigue au risque de me créer des crampes, pour me rapprocher d’elle.

    - Je t’ai cherché tout ce temps… tu ne fuiras pas aujourd’hui !!!

    Ce que je ne savais pas – et Blue certainement pas non plus – était que le courant d’eau dans lequel nous nous sommes jetés, nous dirigeais doucement mais surement vers une chute de près de dix mètres de hauteur, une chute que certains auraient pu considérer comme étant mortel… Elle était proche, très proche, mais encore totalement inconnue.


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    Blue Zandal'arFurettozorus Rex Blue

    Re: /i\▬ Rencontre innatendue [pv Blue]

    Message par Blue Zandal'ar le Jeu 9 Aoû - 3:39



    Rencontre innatendue

    "Chassons le naturel, il revient au galop.."

    Nyx
    Nous étions deux enfants, lorsque la défunte vie mariée au traître de destin, ont décidés de nous arracher nos familles d'une façon aussi cruelle que funeste.
    Des gamins maladroits, immatures tétant encore les mamelles de la touchante naïveté et de la douce innocence avec tant d'entrain qu'elles en furent rapidement vidées, asséchées par le goût trop prononcé d'une vie qui se voulait appréciée et vécue à cent à l'heure, sans remord ni jugement.

    Maintenant, nous crachons tous deux le lait de la rédemption, vomissant toutes les bonnes choses que nous avons tant vécus sans le moindres remords … malgré nos nombreuses chasses... malgré ce lien si intense mais pourtant si unique qui nous relie, toi et moi, Armerys.

    J'étais le loup et toi le chasseur. Nous cherchons l'un l'autre sans jamais réussir à totalement nous tuer. Avions-nous seulement compris que nous ne dépendions trop l'un de l'autre ?
    N'oublie jamais jeune humain, que le chasseur n'est rien, sans la chasse.

    ________________________________________

    fuuuuuuuuuu fufu fuu...

    Le son du sinistre.
    Une symphonie singulière aux notes suraiguës s'élançait avec une telle rapidité vers la chamane qu'elle du encore une fois tourner rapidement ses talons, écorchant ses chevilles fatigués par la course, pour tenter d'esquiver une énième bille de métal.

    BRAOUM !

    Le son strident de la fusée venait d'éclater en une note assourdissante, puissante dans l'espace. Puissante et si violente que la terre en fut une nouvelle fois secouée et expulsée en petites particules tout autours des deux jeunes chasseurs.

    Les cliquetis métallique se firent une nouvelle fois entendre, plus long, plus lourds et certainement plus douloureux lors du prochain impact.
    Blue ne prenait pas la peine de lancer le moindres regard derrière son épaule tant la rapidité de ses mouvements et sa dextérité à ce moment lui permettaient de calculer ses chances de survie. Le moindres regard vers l'arrière signerait son arrêt de mort, elle le savait. Elle le présentait. Les esprits le lui chantonnaient sous ses oreilles bourdonnantes, fragilisées et à demie assourdies par la puissance de feu des missiles. Elle n'avait dès lors pas le droit à l'erreur.

    Elle était le loup leader d'un troupeau de deux chasseurs et le moindres faux-mouvement ne lui permettrait pas d'encaisser, ni pour l'un, ni pour l'autre, l'une de ces missiles mortelle.
    Alors elle se fiait à son ouïe, écoutant les cliquetis répétés, les bruits si précis pour virer à tribord dès qu'elle le pouvait afin de mener la danse de la survie.
    Sa vue lui permettait se de frayer le chemin vers ce lac, trouvant, tournant et jouant avec les ramures des arbres et des racines parfois avec les mousses glissantes dans le but de faire glisser la machine.

    Son visage tâché de boue, particules de terre humidifiée avec sa grande concentration de stresse et de sueur, avait depuis longtemps viré au pourpre. Son cœur frappait dans sa poitrine, à un rythme qu’elle n'aurait jamais cru capable de battre, aussi rapide que ne l'était ses foulées, aussi tendues que ne l'était ses virages.

    Elle savait qu'elle n'aurait plus très longtemps à courir, le lac n'était plus qu'à une centaine de mètre, ses foulées s'allongeait en un ultime effort : ses muscles douloureux protestèrent sous la demande acerbe de son instinct de survie.
    Sa chevelure claquait au vente comme un fouet, ses lèvres gercées par la pression et le stress s'ouvraient de façon à respirer plus rapidement, elle en oubliait ainsi son silence et sa féline discrétion au profit de sa victoire, le triomphe de la survie.

    Elle continuait ainsi à courir tandis que son chasseur la talonnait sans perdre du terrain, ayant même le temps d'hurler à son encontre encore une fois, toute la haine qu'il avait pour rancœur.
    Mais ne voyait-il donc pas qu'elle lui sauvait une fois de plus la vie ? Se mettant volontairement en avant tandis qu'il prenait le temps de maugréer ce genre de propos ?

    N'y tenant plus, soudain elle attrapa le tronc d'un arbre avec ses mains lestes et se cachait derrière ce dernier. Elle s'é&=tait arrêté à à peine trente mètre de la rive où l'on pouvait déjà entendre l'eau  s'écouler de façon régulière mais tout autant menaçante, c'était la crue des eaux : la grande rivière qu'elle avait vue la veille s'écoulait si rapidement qu'il était facile d'en déduire les courants intenses qui la composait avec une rage presque divine.
    Son Ouïe captait également un silence qui fut brisé par les quelques paroles encore funestes du traqueur : «  tu ne m'échapperas plus. » Pas cette fois-ci.

    Les paumes de ses mains sur les rotules, le dos voûté, la langue pendante, et le visage confronté au sol, elle respirait en sifflant, s'asphyxiant dans son manque d'oxygène.
    Elle toussait une première fois en se compressant la poitrine avec sa main, la douleur était aigre, pincée et sournoise, le souffle lui manquait plus encore.
    Le temps, l'effort, le muscle et l'endurance lui manquaient.

    Fuuuu fuuuufuu fuuuuuuuuuuuuuuuuuu...
    Le dernier missile avant que le robot ne s'éteigne, sans qu'elle ne le sache.
    Dans un mouvement désespéré, elle se retournait en mettant ses bras et avant-bras au niveau de son visage dans le but de se protéger des éclats d'épines qui allaient fuser.
    Même à l'arrêt, la puissance du missile fut tel que son corps en était en mouvement, les arbres et les épines lui transpercèrent la peau de part en part, les éclats du missile qui avaient implosés contre une roche, s'étaient transformés en une centaines d'obus terrifiants qui vinrent s'implanter dans les conifères autours.

    Ses cheveux ondulèrent sous la rapidité des mouvements métallique et sa peau basanée fut parcourue par une centaines de vibrations, tandis que ses jambes incapable de la porter plus longtemps se dérobèrent sous son poids et par la force de pousse de la gravité de l'arme.
    Le silence, de mort.
    Puis des bruits de pas précipités avec la lueur d'un katana avide, enragé.

    La chamane serrait les dents en poussant un profond gémissement, l'air passait entre ses dents, elle sifflait son mal avec une patience qui lui était d'or, à ce moment.
    Ses yeux ne prirent pas le temps d'excuser ses muscles dans le mal et ses iris d'un cyan profond n'effleurèrent qu'à peine sa jambe droite qui refusaient de lui obéir.

    Le juste fait de sentir un milliers de coupures sur sa cuisse et son mollet suffirent à la belle pour la dissuader de regarder l'état pittoresque de sa jambe, elle n'avait pas besoin de savoir, pas besoin de voir, son seul but était la fuite pour la survie.
    Elle ne savait pas le golem éteint, mais savait pour l'homme qui à son juste sens était une menace toute aussi valable mais pas aussi dangereuse qu'une simple boîte de conserve.

    Le courage grisait sa survie et portait son corps empourpré encore à quelques mètres au-delà de son point d'attaque.
    Soudain elle se rendit compte qu'elle n'était plus louve, ni chasseresse mais uniquement proie : sa jambe confuse et blessée laissait derrière elle un sillon de sang qu'il était facile à suivre, elle déglutissait en laissant de nouveau un sifflement percer ses lèvres.

    Sous la souffrance, ses yeux se clorent, ses paupière frémirent et son nez fut strié par les rides de l'affliction tandis que ses lèvres se retroussaient en laissant voir une série de dent blanche se serrant littéralement sur une mâchoire tétanisée.

    Encore cette voix rauque, ce hurlement de chasse à l'homme dans la forêt des silences. Cette fois elle en avait bien conscience, elle était devenue la proie et non amusée par cet événement, puisqu'elle n'était pas dotée de tous ses moyens et de toutes ses compétences, elle resserrait la bandoulière de son sac en peau bordées de décoctions et s'avançait en claudiquant à pas perdus vers la rive.

    Même si sa jambe était transpercées par une dizaine d'éclats d'échardes et une vingtaine d'éclats d'obus de tailles différentes, tout comme l'était ses bras : elle continuait à avancer, sa survie en dépendait et elle savait que : son cœur battant l'hymne et le glas du courage ne s'arrêterait jamais tant qu'elle pouvait encore acquérir le mot liberté.

    Alors elle bu la tasse, plongeant dans l'eau d'une rivière glacée qui en plus d'ouvrir ses plaies et lui retirer quelques éclats de métal, lui tirait ses blessures et aggravait ses hémorragies. Le courant était intense et si fort qu'elle peinait les premières minutes à trouver l'équilibre et la force de nager.
    Et pourtant, elle passait la rive.
    La force de sa volonté et de sa détermination étaient tels que rien n'aurait pu outre-passer sa survie, elle s'était laissée ainsi portée par le courant de plus en plus fort, sans n'émettre aucune résistance. Son corps n'avait été qu'un bois léger flottant entre les eaux, ses bras allongés cherchaient la dernière foulée caudale, repoussant le liquide afin de se retrouver et nager uniquement sur le coté. Il ne servait à rien d'utiliser la force dans ce genre de moment, il suffisait de laisser l'instinct être gouverné par la force de la nature.

    Malgré cette prouesse à passer la rive, elle finissait sa course à quatre patte, son dos et ses cotes étaient encore semi-couvert par l'eau glacé quand elle portait un regard effarouché vers la droite de la rive, où un énorme bruit de fracas se soulevait depuis une légère brume voilant les nuages de sévia. Elle n'avait pas la force d'écarquiller les yeux pour constater qu'elle était passé à quelques mètres d'une cascade.
    Cependant pour montrer sa chance et remercier les esprits, elle laissa pousser un soupire de reconnaissance siffler entre ses dents.

    Elle n'était pas au bout de ses peines, de nouveau le bruit de l'homme derrière elle la sortie de son état léthargique.
    Et par la grâce de dios, elle avait beau motiver son corps pour la porter un peu plus loin en sécurité et au calme, ce dernier s'affaissait dans un dernier geste.
    Dans un bruit sourd et mouillé, le corps partagé entre terre et mer, ses bras ensanglantés vinrent chercher le sable et la terre, l'herbe pour la hisser un peu plus vers la bordure de la forêt.
    Cependant les nombreuses coupures et les éclats lui faisaient tant et si mal qu'elle en poussait un grognement distinct, puis enfin, un cri déchirant.

    Soufflant bruyamment, sa poitrine contre le sol se levant et s'abaissant à un rythme fou et régulier, elle se laissait alors complètement choir contre l'herbe, vaincue par épuisement.
    Elle grognait et pestait contre son état affaiblit, elle se savait encore vivante -survivante- mais pour combien de temps ?
    Elle osa dégager son visage enfouit sous sa poitrine pour observer le ciel et croiser le regard de son bourreau, un léger sourire à peine perceptible mais au combien sincère étirait finement la commissure de ses lèvre.

    Elle était sur le point de crever littéralement et sans doute allait-il encore la faire un peu chanter avant cela, mais elle était sincèrement heureuse. Naïvement heureuse qu'il soit en un morceau et qu'il ait été épargné, reconnaissante qu'il ait lui -aussi- survécut et soit moins amoché qu'elle.
    Cherchant sa salive en raclant sa gorge brûlée et asséchée par la course, elle laissait murmurer entre ses lèvres sèches :

     " -  Moi aussi je t'ai cherché... Mais pas pour te tuer..."

    Finissait-elle par ajouter levant légèrement sa main vers le ciel, à la façon d'une caresse...
    qui vint fatalement retomber avec violence sur la terre meuble de Sévia..


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    Re: /i\▬ Rencontre innatendue [pv Blue]

    Message par Armerys Horhor le Mar 14 Aoû - 18:07


    Si dans le passé, mon corps s’était figé à la vue terrifiante de la colère brutale avec laquelle les Mürhkyans se faisaient tuer, si lors de l’extermination de mon peuple, mes lèvres demeurèrent entrouvertes laissant avec peine l’oxygène arriver jusqu’à mes poumons, c’était parce que j’étais faible. Parce que mon être avait reconnu son infériorité vis-à-vis de ces barbares qui vivaient sur le géant. Mes yeux injectés de sang, ne juraient que sourdement à une vengeance illusoire, que je ne pouvais pas assouvir, parce qu’à ce moment-là, je n’avais rien pour le faire. Ni force, ni pouvoir, ni détermination.

    Mais aujourd’hui, les choses étaient différentes. L’expression d’une bête qui se dessinait sur mon visage, le regard d’un doré brut, néfaste, à qui on a retiré toute la cherté la plus belle, pour la remplacer par une valeur si sombre et si néfaste, qu’elle ne pouvait plus distinguer la douceur et la tendresse de l’agressivité et de l’impétuosité. Les détonations provoquées par les obus envoyés par la machine assassine, semblaient m’éviter de justesse, bien que les explosions elles, ne manquaient pas de me projeter par moments en arrière, augmentant de façon notable la distance qui me séparait de la malheureuse Zandal’ar. Mais, rien ne m’empêchait de la poursuivre comme une bête enragée poursuivait une proie qui venait d’entrer dans un territoire ennemi.

    Bien vite, c’est à corps perdu, que je me jetai, tête la première dans le fleuve qui dissimulait ma proie. Les dents serrés, et les pupilles dilatées de colère, mes yeux étaient grands ouverts, laissant dessiner une veine de rage qui dominait la tempe gauche de mon visage. Le souffle rapide, le sang courant dans mes veines et mes muscles crispés d’une envie sanglante, mon esprit ressassait les images sanglantes d’il y avait trois ans. La cruauté d’un homme qui rompait la mâchoire d’un jeune garçon par la seule force de ses mains, la sauvagerie d’une femme qui transperçait la poitrine d’une autre femme, plus faible, à mains nues. Il aurait peut-être été malsain qu’une seule personne soit la cible de la colère de tout un peuple… la cible des regrets de mon ambition démesurée. Mais non, c’était loin d’être le cas.

    Cette…démone… qui aujourd’hui paraissait si faible, avait usé par le passé de son pouvoir et de sa force pour exterminer les miens, pour les réduire en esclavage et même après ça, tuer encore certains survivants. Elle était le mal incarnée qui avait pris ses forces dans ses traditions barbares afin de rependre sur mon peuple l’opprobre, la mort et la fin. Elle allait en ce jour, payer une bien faible contrepartie de l’action qu’elle avait commise. Déchirant les vagues d’une force gargantuesque, afin de me frayer le plus rapidement un chemin vers la rive où rampait l’instauratrice du massacre, j’arrivai bien vite sur la rive, vomissant de temps en temps l’excédent d’eau que j’avais pu ingurgiter contre mon gré.

    Les pas un peu plus lourds, mais poussés par une volonté assassine, je marquai le sable de mes bottes tenant fermement mon épée dans ma main, jusqu’à surplomber la jeune femme de ma taille. Mes yeux écarquillés de colère, mon regard plongeait dans celui de la sauvageonne qui était allongé sur le sol. Son visage dessinait des traits de tendresse, et sa main semblait s’orienter dans ma direction. Et là, elle avoua me chercher, pour ne pas me tuer. Quel dommage pour elle. Pour ma part, mes intentions étaient claires et n’avaient rien d’aussi nobles que mon pseudo-statut de roi de Mürh.

    Serrant bien mon épée dans mes mains, je la positionnai à la hauteur de mon oreille, orientant la pointe de ma lame vers la gorge de l’inconsciente. Mais à ce moment-là, elle semblait si innocente, si paisible, comme un ange dormant, qui allait mourir dans son plus agréable sommeil. Cette simple idée me révolta, m’amenant à jeter violemment mon épée sur le sol. Après tout ce qu’elle avait fait, elle ne méritait aucunement de mourir de cette douce façon. J’allais lui réserver un traitement bien pire que celui d’une mort simple. Non, j’allais lui arracher tout espoir, lui ôter toute volonté, la changer en objet, en amas de chair et de sang sans âmes, avant de retirer sa vie.

    - Ta mort, sera bien loin d’être aussi douce que ça... Tu peux me croire, enfoirée… Tu vas souffrir comme tu as fait souffrir mon peuple…


    Après avoir fait preuve d’un calme surprenant, je me jetai un peu d’eau sur le visage, question de retrouver mes esprits. Cela fait, je rangeai mon épée dans mon fourreau, avant de prendre l’inconsciente par le bras pour l’accrocher sur mon épaule. C’est là que, je vis sa sacoche tomber, renversant ainsi tout son contenu sur le sol. Regardant cela avec une certaine indifférence, je me baissai pour la prendre et l’accrocher par la suite à mon épaule et faire route vers l’intérieur de la forêt.

    Mercenaire de mon état, je connaissais dans l’ensemble, les notions secondaires comme l’herboristerie, ou bien l’alchimie, la concoction des potions médicinales et/ou hallucinogènes. Ce n’était pas mon domaine favori, mais je savais toutefois m’en servir une fois que la potion avait été explicitement définie. Enfonçant dans la pénombre de la forêt, la petite mésaventure que nous avions vécue quelques temps plus tôt, avait au moins eu le mérite de me permettre de suivre le chemin initial que l’on avait emprunté, avant de se perdre dans le lac. Et en remontant patiemment, faisant fi de l’odeur de brûlure, de la vapeur sombre qui s’élevait par endroits dans les airs, je pus voir un très grand entrepôt abandonné, recouvert ci et là par la mousse et le feuillage de la nature. Ce dernier semblait encastré dans un ensemble d’arbres, preuve bien claire qu’il y avait eu à des temps éloignés, des expériences qui avaient été menés ici.

    Bien évidemment, cela n’était en rien mon problème. La seule chose dont j’avais véritablement besoin, c’était une pièce isolée, une chaise et une ficelle. Mais ce que j’allais trouver au sein même de cette maison de métal, allait être plus intéressant encore que tout ce que j’aurais pu imaginer.

    En y entrant, je traversai la pièce principale, pour aller par la suite ouvrir une autre porte, qui donnait sur une pièce plus lugubre, sur lequel le sol était tacheté de sang, où dans l’air planait l’odeur de la mort et dans laquelle des chaines, accrochées au plafond, semblaient avoir suspendues bon nombre de personnes. Mon regard blasé observait sans étonnement la cruauté dont pouvait faire preuve les hommes. De plus, la pièce était parfaite pour les besoins du jour. Si les objets ici étaient pour la plupart souillés par le temps, ils n’en restaient pas moins utilisables, pour qui le voulait du moins.

    Peu de temps par la suite, je nettoyai les plaies de la misérable, pour imbiber son corps de potions de guérison. Mais sans non plus trop en faire, je finis par la faire asseoir sur une chaise, pour par la suite lier ses mains et les pieds – ainsi que son ventre aussi – solidement avec des cordes qui pourraient déchirer la chair en cas d’insistance.

    La pièce peu éclairée, je retirai ma veste avant de m’avancer sur la table qui était à deux mètres de la table, pour nettoyer les outils et les classer sur la table par ordre de taille et de dangerosité. Revêtu d’un calme étonnant, j’avais en ce moment-ci, un avantage notable sur la situation contrairement à la dernière fois, quand elle m’avait maintenue captif dans ses cellules.

    - La vie est un véritable mystère n’est-elle pas ? Blue, Zandal’ar

    Demandais-je ironiquement pour l’extirper de son inconscience. Le seul moyen d’éclairage, était par les fenêtres placées en hauteur sur les murs de l’entrepôt, celles-là qui laissaient passer le peu de lumière qui avait réussi à se glisser entre les feuillages à l’extérieur.


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    Re: /i\▬ Rencontre innatendue [pv Blue]

    Message par Blue Zandal'ar le Mer 15 Aoû - 3:03



    Une rencontre... innatendue...


    " Peu importe ce qu'endure le corps, l'esprit lui, sera toujours libre. La liberté de l'âme vaut parfois mieux qu'un corps prisonnier."

    Nyx

    Un trépas sans repos, la jeune chamane s'était assoupie en courbant l'échine de disgrâce devant la fatigue et l'hémorragie. Les paupières lourdes vinrent rapidement capituler ses moindres faits et gestes tandis que ses éternels iris d'un cyan épurés venaient tout juste à être captivés par l'étincelle argenté du katana de son bourreau. Ce qu'il en advint par la suite, fut un long sommeil sans rêves, où formes confuses, bruits assourdissants et chocs, cliquetis métalliques et bruissements feutrés, vinrent à définitivement la faire lâcher prise au grès pourtant de sa belle volonté.

    Son cœur battait si fort sans sa poitrine douloureuse et lourdes, que ce fut ce dernier qui la réveillait. Le sentiment d'avoir chacun de ses battements sur le bord de ses lèvres lui permit dans un premier temps d'expulser l'air d'entre ses lèvres gercée par l'épuisement. Elle les entre-ouvraient lentement, tandis que l'air, au ressentit brûlant et enflammé, endolorissait chacune de ses respirations.

    Le palpitant sur sa bouche asséchée, la chamane laissait un long et lourds soupire d'épuisement passer le mur interdit de ses lèvres, le silence fut ainsi brisé tandis que son prédateur avait déjà rompu le silence quelques secondes auparavant par l'occasion d'une pique satyrique.
    De la même manière qu'il lui avait ravivé son cœur à l'instar de son être, il allait être celui qui s'en délecterait à jamais.

    Le battement de son palpitant était si puissant et berçait son corps avec une telle intensité que sa poitrine n'arrivait pas à trouver un rythme adéquat pour faire travailler sa respiration.
    Les yeux toujours clos, elle trouvait le goût âpre et salé du sang dans la bouche sèche, tandis que les battements de son palpitant continuaient à battre la chamade.

    Il était si visible de voir sa poitrine, couverte par ses vêtements mouillés du fleuve, se lever à cette cadence infernale, angoissante et traître que l'on pouvait aisément deviner la lutte contre l'angoisse de la belle.
    Blue se démenait face à la puissante douleur due à son plexus, à mi-chemin entre la peur au ventre et les efforts intensifs et musculaires qu'elle avait assimilé au cours de cette dernière heure.
    Les battements raisonnaient dans ses oreilles et ses tympans telle une basse à vibration, l'assourdissait à un point tel, qu'essayer d'ouvrir ses paupières lourdes lui procurait une migraine aussi intense qu'invraisemblable.

    La respiration se voulait courte mais bruyante, à la façon d'un animal de traie vomissant ses tripes sur les champs ardents de l'été. Elle se voulait rauque, inconstante, vibrante et inquiétante, tandis que la jeune femme cherchait sensiblement à ouvrir ses yeux malgré ses migraines et son mal être important.
    Elle toussait le temps de dégager sa voix asséchée, sentant comme une corde lui resserrer le ventre à la façon d'un étaux. Et son corps n'étant qu'en partie recouvert d'un fin tissu en nylon, fut strié et rougit légèrement par cette action naturel.

    Encore un peu plus de douleur ajouté à sa position actuel, elle ne comprenait pas et pourtant sa respiration se faisait plus difficile encore, comme si l'angoisse qui la berçait venait enfin de lui ouvrir les yeux sur la situation.
    Sa longue chevelure d'encre voilait toute la partie de son visage, traînant et effleurant ses mains estropiée et resserrées dans le même étau que partageait son ventre, douloureux et agressif. Elle bougeait sa main droite qui lui fit rapidement sentir une brûlure tout aussi adéquate.
    La migraine s'intensifiait et elle laissait un gémissement de douleur traverser la coure de ses lèvres arides, ses yeux s'ouvrirent une première fois, cela dura à peine deux secondes.

    La vision qu'elle avait était celle de sa crinière d'obsidienne lui cachant la vue ainsi que sa poitrine et quelque chose de gris à son ventre. Vision courte ou elle acceptait de refermer ses paupières afin de prendre en compte les premières informations. Elle se remémorait l'objet, une corde qui l'estropiait à chacun de ses mouvements puis, sentant le poids de son corps assis et non en équilibre, elle se demandait si elle était attaché à quelque chose comme...

    Une deuxième fois elle ouvrit ses paupières lourdes, tendant de contrôler de nouveau sa respiration saccadée, en vain. Elle fut toujours aussi rauque et emprise de hoquets de fatigue et de stupeur quand elle plongeait sa tête vers l'arrière, de façon à voir l'état de son bras gauche.
    Intact, pas une seule trace d'obus où d'épines. En revanche, sa main était bien attachée avec cette même corde grisée. En déduisant la même chose de son bras droit et de ses jambes, elle émit un soupire profond.

    Son expiration était si longue qu'elle en chassait naturellement ses longues mèches étincelantes de son visage voilé par ce rideau obscure.
    Le visage vers le plafond de lierre et de végétation, où quelques traces de sang semblaient avoir étés projetées depuis des positions plus où moins éloignées de la sienne semblait si loin d'elle. Puis se raidissant de toute sa stature, ses poignets se tintant d'un rouge violent tant elle tirait sur ses liens, ses pupilles se dilatèrent et ses paupières s'agrandirent.

    Sa chaise en aurait vascillée tant la surprise peignait ses iris agrandie par la vision, elle venait de constater une ouverture, deux fenêtres à quelques mètres d'elle, à peine plus éloignée que cela. Elle prit espoir sur sa position et se rappelait des événements. Le temps que son cerveau soit hydratée à l'eau de son innocence.


    Elle avait oublié le détail Armerys ainsi que la chasse, elle avait oublié pas mal de trucs à vrai dire, mais l'essentiel c'est qu'elle pouvait voir et déduire chaque éléments qui se situaient dans ce hangar. Hangar qu'elle avait déjà vue... Elle fronçait dès lors ses paupières, entraînants avec eux, la ride du lion, une ride d'incompréhension et de colère, se figeant au-dessus de son nez, entre ses deux perles d'un azure intense.

    Elle ne lançait pas un seul regard vers le chasseur, trop occupée à observer au loin, les chaînes, les menottes imbibées de liquide rougeoyants, les nombreux tissus grisés au sol, des morceaux d'aciers, des branchages secs, en bref, un milieu idéale pour emprisonner quelqu'un où en abuser.
    Elle adressait un dernier regard vers les fenêtres et la lumière qui s'en échappait, comme si son esprit pouvait et allait à tout moment quitter son enveloppe charnel pour s'y réfugier.
    Physiquement, il lui faudrait peut-être grimper en haut de chaînes fixés au mur pour y aller, de fait, elle réfléchissait déjà à toutes les solutions et scénarios possible et rêves pour s'échapper de cet endroit pendant que l'audit qui fredonnait à ses oreilles, semblait en avoir terminé avec son vieux chiffon et ses bruits métalliques.

    Tournant enfin son faciès déconfit vers Armérys, son visage blême et terreux, dépeint de fatigue et d'angoisse, elle lâchait un long et puissant soupire, ses dernières mèches rebelles qui voilaient son beau visage furent ainsi soulevés et chassés de sa vue, permettant une vision véritable sur chacune de ses expressions.
    Elle posait alors ses iris d'un azur épuré jamais égalé jusque là sur les bottes de son chasseur, en remontant le long de ses courbes fortes, son buste droit et fier, puis son visage miellé et son expression triomphante.
    Les iris de la demoiselle avaient ce ton incroyablement glaciale, tranchant, limpide: qui aurait gelé et glacé le sang de n'importe quel être vivant, Ses pupilles avaient la clarté et l'agressivité qu'ont les océans dans les endroits les plus sibériens de Teren.

    Elle n'avait pas entendue la question, mais une réponse adéquat trônait sur ses lèvres desséchées et frissonnantes d'épouvante. Son nez se mit à frémir, sa respiration de nouveau se fractionnait sans accord et sa poitrine se soulevait avec férocité et puissante sous son angoisse et sa haine naissante.

     «  - Salut, Armerys. »

    Adressait elle dans un souffle rauque, sans tons, sans saveurs. Morne et obscur, dépeint d'une seule note mystérieuse qui aurait pu être celui de la peine et de la compassion si seulement il n'avait pas cette allure si droite et fier de lui.
    Elle se renfrognait en ajoutant sur un ton glacé, émettant le grondement d'un loup lorsqu'elle sentit la corde au niveau de son poignet lui arracher la chair tandis qu'elle tentait de la rompre avec ses ongles. C'était là une initiative à peine perdue, mais elle voulait quand même essayer, sans à devoir abandonner.
     " -   - J'espère au moins que ça...  »

    Désignait-elle d'un simple mouvement de menton vers les objets scintillant

     «  - En vaudra la peine. »

    Continuait-elle en grondant comme la louve noire qu'elle était, les rides de son nez s'étaient levés en dénudant ses dents à la façon de crocs redoutables, menaçant de mordre tout ce qui allait la toucher de prêt, comme de loin.

    S'il savait la vérité, que ce n'était pas elle l'entrepreneuse et la fautive concernant la décimation de Mühr, comment le prendrait-il ? Peut-être savait-il la vérité après tout au bout de presque cinq années à vivre sans les siens.
    Peu lui importait, la louve noir le soumettait toujours ce regard glacial baigné d'une intensité sans pareil, voué à impressionner et faire fuir son chasseur, le détourner de ses intensions malsaines à son égard.
    Peut-être y arriverait-elle ?

    «  - Je te remercie néanmoins de m'avoir guéris des éclats... même si ça ne sert à rien... T'as pu trouver ton bonheur dans... mon sac ... ? »

    Ajoutait-elle, tentant de retarder la torture qui pendait sous son nez, désireuse de gagner du temps, tentant par tous les moyens de rompre les cordages qui la gênait.
    Aussi vrai que cela pouvait-il être, combien de temps allait-elle pouvoir tenir avant la découpe sale et épuisante de sa chair ?


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    Re: /i\▬ Rencontre innatendue [pv Blue]

    Message par Armerys Horhor le Dim 19 Aoû - 12:46




    Dans le passé, la situation était totalement inversée. Mes mains nues serraient le fer glacial des barreaux de métal revêtues par endroits du manteau rougeâtre de la rouille et de l’âge. Les pupilles dorées dissimulées légèrement derrière le brun de mes cheveux, j’observais l’obsidienne du regard froid de ma Némésis. Poussant en mon for intérieur un cri de rage si fort qu’elle put le ressentir dans la fureur que dégageaient mes prunelles, la Zandal’ar se moquait intérieurement, avec une bien trop grande indifférence du sort que je lui réservais dans mon esprit. Les dents serrant ma fureur, et mes sourcils redessinant les traits d’une animosité à nulle égale, j’affrontai l’arrogance de la cheffe des barbares avec ma ténacité désespérée.

    Mais dans ce lieu aussi sombre que les ténèbres, éclairé succinctement par deux faisceaux lumineux que laissaient passer les deux fenêtres situés à l’arrière, l’espoir n’était plus qu’une fantaisie pour la prisonnière. Les barreaux s’étaient changés en lianes, la cage s’était changé en chaise, et le prisonnier s’était changé en bourreau. En cela, oui, la vie était un véritable mystère. Mon regard mi-clos, aux prunelles pleines de suffisance, je scrutais les outils, des pinces aux les lames, des plus grandes aux plus petites, des chaines aux cordes, des plus solides aux plus frêles. Un vent de plénitude remplissait mes poumons et nourrissait ma chair, à l’idée seulement d’être aujourd’hui celui qui allait mettre en action la vengeance de mon peuple à l’égard de cette meurtrière. Il était d’une difficulté sans égale, de ne pas déformer mon visage sous la joie extrême que j’avais, de célébrer cet instant, mais je dus maintenir la stoïcité qui m’était propre, pour profiter de l’instant actuel.

    La coupant dans son élan, je repris.

    - Je me rappelle encore de la fois où j’étais enfermé, avec le vieux conseiller de mon père… J’avoue que peu importe la peine que je me donne, il m’est difficile d’oublier son nom, Ycarcius. Ce nom éveille en toi, des souvenirs ?

    Passant outre tout ce qu’elle venait de dire, la discussion prenait un sens que j’avais choisi. Ses inquiétudes factrices au sujet de ma santé, ou encore ses tentatives étranges de détournement, n’allaient pas aboutir face à un homme qui avait sagement gardé toute sa haine, et l’avais cultivé pour en faire une arme destructrice. Il était certain que nous étions liés, mais plus que jamais, ce lien de souffrance allait être amplifié. Faisant dos à la table sur laquelle était allongée les outils, j’observais, fier et assuré, avec un pointe de dédain et une amertume à son égard, la prisonnière qui allait certainement me défier tout au long de cette longue procédure.

    Un sourire narquois conquit mon visage, quand mes paupières s’accrochèrent aux prunelles de l’oisillon qui semblait être prise en cage et dépourvue de ses ailes. A cet instant, elle paraissait plus rayonnante que jamais, au vu de ses yeux céruléens, chargés d’une colère défensive. Mon regard fin, mon sourire net, et le calme que j’inspirais aurait pu me donner les allures d’un ange généreux. Mais mon œil reflétant les faisceaux lumineux sous la forme d’une bille dorée, explicitait la malice qui rongeait mon âme et les attentes profondes que j’avais vis-à-vis de notre entrevue.

    - J’avoue que je comprendrais si ce n’était pas le cas, mais je tiens tout au moins à avoir ta réponse… Est-ce que… Est-ce que tu sais comment il a perdu la vie ? Est-ce que tu te rappelles de ce que tu avais gentiment ordonné ?

    Je fis un pas droit vers elle, puis un deuxième, puis un troisième, avant d’empoigner une chaise que je tirai paresseusement dans mon avancé. Arrivé à une distance d’un demi-mètre de la prisonnière, je retournai la chaise, de telle sorte que son dossier soit orienté vers la sauvage. Une fois la chaise disposée, je m’assieds en face de la jeune femme, croisant les bras au-dessus du dossier. Mon visage reposé, dont le regard bouillonnait de rage, je regardai sérieusement la Zandal’ar sans rien dire pour une bonne trentaine de secondes avant de dire fermement, dans un élan de colère perceptible uniquement dans ma voix :

    - Tu paieras pour sa mort.

    Je laissai encore passer trente bonnes secondes, pour que la fautive prenne pleinement conscience du sens de mes paroles, et même du sens de ses actions passées. Mais ne pouvant me limiter à cela, je repris calmement encore.

    - Ycarcius avait une femme qu’il tenait vraiment à cœur. Le seul lot de consolation qu’il avait pu avoir, la seule lumière dans les ténèbres de Baal. Elle était une jeune herboriste, et savait faire des potions telles que vous en avez dans votre sacoche. J’ignorais son nom, mais je sais bien une chose, elle était enceinte du fils d’Ycarcius. Vous rappelez-vous d’elle, aussi ?

    Les mots sortaient pour une fois depuis bien des années, concernant cette tragédie que j’avais enterré. J’étais comparable à un gouffre profond, gagnant en profondeur doucement, ruminant chaque fois les méfaits de son passé. Mais aujourd’hui, ce gouffre remontait doucement, au fur et à mesure que je dénonçai à la concernée ce qu’elle avait fait. Serrant cette fois mon poing, je laissai le temps à la misérable de répondre encore, avant d’ajouter sèchement

    -Tu paieras pour sa mort.

    Par la suite, je me levai de ma chaise, observant de haut la jeune femme avant de prendre ma chaise d’une main par un de ses pieds. Le dossier de la chaise en métal abîmé, ma main fermement serrée sur le pied de la chaise, mon expression annonçait silencieusement ce qui allait suivre.

    Avec une vitesse et une puissance étonnante, le dos de la chaise alla frapper violemment le visage de la jeune femme, dans un arc de cercle aussi vif que brutal. Le bruit sourd provoqué par le choc issu du métal et du crâne, était tel que les oiseaux environnants s’en allèrent à vive allure. Ils semblaient alors, abandonner la jeune femme à son triste sort.

    Lâchant la chaise sur le sol, je pris son visage par le menton, pour voir son expression, pour redessiner les courbes de son visage, et chercher avec insistance de la frayeur, et de la culpabilité.

    - Est-ce que tu es encore vivante… Blue ???!!!


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    Blue Zandal'arFurettozorus Rex Blue

    Re: /i\▬ Rencontre innatendue [pv Blue]

    Message par Blue Zandal'ar le Lun 20 Aoû - 16:40



    Une rencontre... innatendue...


    " Peu importe ce qu'endure le corps, l'esprit lui, sera toujours libre. La liberté de l'âme vaut parfois mieux qu'un corps prisonnier."




    La jeune femme se rembrunissait, la déception et l'incompréhension baignait la lueur saline de son regard acerbe, visiblement dégoûtée que son détournement n'ait pas eut le but escompté. Parler ne servait à rien semblait-il et pour le peu qu'elle pouvait en placer une, Armerys prenait un malin délice de lui couper toute retraite verbale.
    Aucun respect pour la louve noire au cœur d'or, aucun répit alors qu'elle était déjà bien au bout de ses peines, les harnachements lui striant sans cesse la chair de ses poignets d'une manière qui la repoussait mentalement à accepter la douleur et à lâcher prise.

    Cependant loin de s'avouer désespérée, ses ongles continuaient perpétuellement de gratter et ronger les cordes de lin qui empêchaient son sang de circuler. Grimaçant parfois en écoutant distraitement le bruit du vent passant par la fenêtre, tandis que le chasseur abordait son premier discours sur son passé, nostalgique, elle tentait de remuer tant bien que mal, ses appendices, ses doigts délicats et ses poignées fins afin que le sang circule.
    Les rougeoiements du frottement contre sa peau de satin et la force avec laquelle le bourreau lui avait resserré les liens lui coupait la circulation du sang. Aussi était-elle parfois dépitée à choisir entre ronger le lin pour se libérer -quitte à y laisser une main- où reposer ses poignées, lâcher prise, pour faire élargir légèrement la corde de façon à éviter de sentir les fourmillements du sang coupé à ses poignets.

    Ycarcius lui « disait » quelque chose en effet, elle se souvenait assez bien de ce traître.
    Traitre du père d'Armérys et traître de Baal. A l'époque elle avait été la seule à ne pas avoir voulu lui donner sa deuxième chance, car le juste fait de vouloir sauver sa vie au dépit de sauver ses amis lui avait valut un haut le cœur. Elle n'avait reconnu aucune honnêteté ni loyauté envers cet être humain, ni loyauté ni fidélité, juste un cœur corrompu par l'avidité et l'égoïsme.
    Sauver sa vie pour précipiter celle des autres et sauver une femme ?
    Quelle était la gloire d'en tirer cela ? Quel était le but pour cet homme en faisant le choix de choisir de rejoindre l'ennemi, de savourer la chair d'un de ses alliés afin de sauver sa vie ?
    Et c'était Blue, qu'Armérys traitait de misérable et d'enfoirée ?
    Elle prit une longue inspiration qui en fit frémir tout son corps détenu par l'ensemble des cordages, même le touché glaciale de l'acier où était posé son dos s'en détachait.

    Elle lui rendit un regard courroucé tandis qu'il prenait cet air fier, baigné d’orgueil et d'assurance, s'il avait encore su la vérité, il aurait déchanté. Après tout, la loyauté chez les hommes semblait être une denrée rare, aussi bien concernant leur hiérarchie sociale qu'au niveau des amitiés.
    Sans concertation, le visage de la louve noire s'était de nouveau adoucit, ses traits ne portait plus le glas de l'angoisse, même si sa poitrine continuait à se soulever à une cadence anormalement rapide.

    Puis de nouveau la peinture reprit vie, par ce sourire et ce symbole d'autorité et de haine qu'elle même détestait: Armérys avait une idée derrière la tête et pour une raison qui était inconnue, la chamane n'aimait pas cela.
    De nouveau elle avait froncé ses sourcils en montrant sa ride du lion forcé par une défensive naturelle, tandis que ses deux bras et ses épaules vacillèrent férocement de la droite vers la gauche.
    Elle était à deux doigts de libérer son poignet droit en dépit de la rougeur de ses poignées.
    Dalleur elle pouvait les sentir chauffer, sa chair était si durcit par les liens et tellement chauffée par les frottements qu'elle pouvait y deviner quelques lésures s'imprégner sur les cordages.
    Le prix du cordage pour sa liberté était celui du sang et elle était prête à en rompre ses mains et y laisser sa chair à ce moment.

    Payer pour une mort d'un traître ?
    Jamais !  Elle pestait, grondante et insultante, ses deux pupilles d'un cyan intense s'étaient instantanément colorées en un argenté orageux, un ouragan de promesses voluptueuses, charnelles mais désespérées. S'il s'approchait d'elle à ce moment, de suffisamment prêt, elle lui aurait très certainement arrachée quelques parties de son visage tant la prédatrice devenait impatiente quant à la fin de ce supplice.
    Elle se retint de cracher sur le chasseur et alignait ses deux belles canines supérieures à la façon d'une lionne portée sur l'instinct de traque pour sa survie, qu'il s'approche donc ! Qu'il se montre assez vaillant et courageux, fou ! Pour l'approcher de plus prêt !
    Il était hors de question qu'elle paie pour un homme aussi ignoble et si bas dans son estime que cet Ycarcius.

    Cependant la voix ronronnante de son chasseur la fit juste serrer ses dents et camoufler de nouveaux ses crocs derrière le rideau du silence, ses lèvres pêchues étaient closes, son nez se renfrognait d'insubordination et d’incompréhension, pourquoi tant de questions ? Il semblait avoir déjà avoir eu les réponses escomptées, lui qui semblait si fier d'avoir attrapé son trophée tant convoité.
    Bien sur qu'elle se souvenait comment Le traître avait perdu sa vie, elle avait demandé à Cocow, l'un des gardes de sa prison, de le mordre pour rependre la gangrène en lui.
    Si sa mère s'en serait chargée, Blue pouvait garantir que son sort aurait été bien plus douloureux que cela. Et encore, en offrant sa femme enceinte en pâture à ses deux gardes, elle pensait s'être déjà montrée un brin trop clémente.
    Ycarcius aurait du la bouffer le lendemain.
    Alors finalement, quel sort était le plus funeste ?

    La chamane spiritiste levait son nez renfrogné aux innombrables rides de l'exaspération vers le chasseur qui venait de joindre devant elle une chaise sur lequel il s'y posait avec douceur et un calme bien trop grand pour être réel tant il était en paradoxe avec ses paroles.
    Avait-il lu dans les pensées de Blue pour ainsi se rapprocher et se moquer de ses crocs et du risque de se faire croquer ? A n'en point douter que cette situation la dépassait et de nouveau elle poussait un énième soupire si puissant et rauque qu'il en soulevait les quelques cheveux brun de son chasseur, aux iris reflétant une colère incandescente.

    Tout portait à croire dans ce comportement qu'il avait trouvé un calme transparent, néanmoins loin d'être si naïve que cela, la spiritiste observait le miroir de l'âme, les iris du pauvre inconscient en face d'elle avec la même insonorité colérique dans ses iris.
    Elle pouvait y déceler toute une nuance de souffrance et d'une envie incessante de faire du mal, d'offrir la mort de toutes les manières possibles. Mais également la jouissance d'être en amont de la situation, le maître exclusif d'une situation à risque.

    Face à cette éloquence, la vision acerbe de la colère et d'une haine bien trop grande gardée depuis si longtemps dans un corps inadaptée, Blue se calmait, pâlissant à vue d'oeil.
    La fatigue, les lésures, les blessure et sa faim n'étaient absolument rien contre la vision impure de la haine à cet instant et tant bien même elle s'était donné volontairement au monstre de façon courageuse, elle ne pu que retenir un déglutissement de peur, à peine audible.
    Son ennemi n'était pas Armerys, mais la haine. Et pour le peu que la vision de la colère l'exaspérait, celui de la haine la faisait taire, trop peinée et touchée émotionnellement pour ajouter quoi que ce soit.

    Elle ne rajoutait rien qui valait la peine d'être audible et toujours pâlissante comme la mort, elle baissa le regard vers ses jambes en se disant « à quoi bon ? » Finalement, se sentant moins courageuse qu'elle ne voulait se l'avouer.
    Elle se rappelait, en effet.
    De cette femme qu'elle avait offerte en pâture et de ses hurlements stridents tandis qu'elle fuyait vers la sortie, en vomissant les larmes du regret.
    Mais après cinq ans, elle avait finit par accepter sa faute et semblait avoir accepté ses responsabilités, c'était sa faute, sa boulette, la seule fois où elle avait songé bien faire et.. ou elle avait vraiment mal fait.

    Ses lèvres se mouvaient, en une réaction amère, sa salive était sèche et aussi aigre et âpre pleine de dégoût lui permit d'obtenir une réponse tandis que le chasseur semblait lever un poing de colère en sa direction pendant qu'elle livrait sa seule et véritable réponse qui était certes offerte, mais non sincère.
     «  - C'était un traître. Il a eut ce qu'il méritait,  je ...  ne regrette rien. »

    Ce qui s'en suivait, après le verdict des cendres, fut tout simplement le levé du décors sur la scène de l'interrogatoire.
    Elle avait levé ses iris orageux en observant Armérys se lever délicatement en la toisant de toute sa hauteur, avant de prendre sa chaise et lui balancer de presque toutes ses forces sur son visage, impassible mais impuissante.

    Un son strident.
    Comme si quelqu'un s'était amusé à jouer d'un instrument perçant, sifflant et aiguë en sourdine dans ses oreilles et ce bruit assourdissant ne faisait que se perpétuer, sans fin dans toutes les hémisphères de son cerveau.
    Il lui fallut de longues minutes très longues, trop longues pour se remettre les idées en place, car jamais elle n'avait vécu pareil coups assourdissant dans toute sa vie, même les chûtes de Grwark ne lui avaient jamais valut autant de malaise et d'envie de vomir sa boîte crânienne d'urgence pour évacuer la migraine et ce son insupportable.

    Elle ne pouvait rien sentir, absolument rien, et pendant qu'elle immergeait lentement, elle pouvait sentir comme si tout le coté gauche de son visage s'enflammait, brûlé et éraflé par la morsure de l'acier. Elle n'entendit pas immédiatement les mots de son tortionnaire mais en revanche son prénom si.

    Elle assemblait le peu de courage qu'elle avait encore en cet instant, trop affaiblie et molle pour ouvrir ses yeux, cependant elle sentait la chaleur se dégager au niveau de sa mâchoire, un chaleur soulageante mais minime, dans laquelle elle se retenait fortement de se lover.
    Les yeux mi-clos, le visage gauche légèrement boursouflé et griffé et rougie par la chaise, elle avalait sa salive rouge de sang, le même liquide carmin s'écoulait malgré elle le long de la commissure de ses lèvres.

    Ses narines se dilatèrent et elle faillit tousser et asperger le chasseur avec son liquide vitale. Elle se retenait de lui cracher dessus et de lui mordre la main. Qu'elle aurait aimé faire cela !
    Néanmoins elle déglutissait une nouvelle fois, éclaircissant sa voix en fermant ses yeux en laissant cependant ses lèvres se pendre sur ses derniers mots avant de sombrer dans l'inconscience :

     «  -   La force d'une femme et la volonté d'un gosse, j'espérai mieux de ta part, chasseur. »

    Sa tête pesait lourds et tout son corps se mit à pendre lamentablement tandis qu'à quelques mètres d'eux, le dossier de la chaise s'étant détaché sur le sol, commençait à légèrement bouger au gré du vent qui soufflait dans l'entrepot.
    La nuit n'allait pas tarder à effacer le peu de luminosité de ce lieu désagréable et les loups de tarderaient pas non plus à chanter la symphonie de la chasse.



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    Armerys HorhorMercenaire

    Re: /i\▬ Rencontre innatendue [pv Blue]

    Message par Armerys Horhor le Jeu 23 Aoû - 9:24


    Les cieux laissaient luire ses derniers rayons de soleil, et je le remarquai par la baisse continuelle de luminosité dans la salle de sang, où nous étions tous les deux enfermés. Le brun de mes cheveux viraient doucement au noir, tandis que le doré pur de mes pupilles virait au doré sombre et sauvage d’un être totalement malsain. Cette variation de couleurs toutefois, n’empêcha pas mon regard chercheur de percevoir et noter chaque partie du visage de ma proie, prise dans mille et une souffrances. Le cœur dansant sous les sonorités d’une louange lugubre, mon regard glacial lui, contemplait avec un soupçon de fascination, comment le corps de mon ennemi, pouvait si bien tenir face à la peine et à la douleur.

    La commissure de mes lèvres, semblable à un trait, s’étirèra doucement en un sourire après l’écoute des dernières paroles de la louve prisonnière. Elle pensait que je ne voyais pas ses tentatives étranges de fuite, que je ne voyais pas, avec quelle force elle tentait de se démener, de se défaire de la cage que j’avais préparé pour elle. Mais le spectacle était d’autant plus alléchant que j’avais conscience que je n’allais pas la laisser sortir d’ici dans des conditions normales. Nos pupilles se croisèrent encore un moment, après quoi, la belle se laissa aller dans un sommeil profond, mais aussi libérateur, qui devait dans des conditions normales lui permettre de se remettre de ses efforts.

    -Oh… Mais en voilà une qui semble être fatiguée. Chuchotais-je fièrement.

    Je libérai son visage, avant de me relever pour me retourner et aller pas après pas, dans l’ombre. Quelques bruits dans cette dernière, et j’étais en train de revenir à elle, munit d’un vieux seau métallique plein d’une eau aussi ancienne que douteuse. On y voyait pour sure, trainer certains insectes et larves nauséabonds, faisant de ce breuvage initialement nécessaire pour la vie, un poison ingérable, qui n’aurait fait du bien à personne de boire. Mais vue que dans les prochaines minutes la jeune femme allait avoir besoin de cette eau, c’était une phase nécessaire.

    Déposant le récipient sur le sol, je m’approchai encore, caressant le vent à chacun de mes mouvements pour ne rien brusquer, avant de saisir l’inconsciente par les cheveux, d’une main forte. D’un mouvement brusque, je redressai la tête initialement courbée de la louve aux bois dormants. Approchant ma main de son visage, d’une vingtaine de centimètres environs. Et juste à ce moment-là, je laissai aller mon Aktech, Akasha.

    Les flammes jaillirent de mon bras, pour envahir la surface de ma main. Elles restaient sur la paume, laissant la chaleur vive se propager avec violence et puissance sur le visage de Blue. Des vagues aussi chauffantes que dévastatrices, s’abattirent, aussi bien les unes que les autres, successivement, sur la proie, lui rappelant violemment dans le monde des vivants. Si à un moment donné, son esprit s’était envolé loin pour lui permettre un quelconque repos, le corps rappelait ce dernier avec tous ses sens, affûtés par la montée en flèche de la température. Ce degré de chaleur, si maintenue longuement, aurait très certainement pu générer des gonflements atroces de certaines zones de la peau de son visage. En somme, le sang concentré au niveau de la face, allait bouillir gonflant certaines zones et aplatissant d’autres, le tout dans une chaleur mordante et assassine qui jaillissait de ma main. Mais ne désirant pas arriver jusqu’à cette extrémité, pour le moment, j’arrêtai au moment exact où elle se réveilla, après que l’objectif ait été rempli.

    A cet instant précis, mes lèvres, pour se mirent à glisser furtivement un petit détail, après l’avoir lâché la tête.

    - Tu ne te reposes, que quand j’aurais décidé que tu te reposeras misérable meurtrière… Maintenant, ne t’avise plus de t’assoupir. Tu sauras ce qui t’arrivera.

    Nul doute que, à cet instant précis, elle avait du mal à se focaliser sur ce que je disais. Tant la vivacité de la chaleur était déstabilisante. Mais ayant parfaitement anticipé cela, je fis volte-face pour aller prendre le seau métallique plein d’eau insalubre, avant d’observer un instant, de mes yeux mi-clos, la jeune femme pris aux peines et aux supplices aussi divers que variés. Il m’était si difficile de retenir mes actions. Je devais faire preuve d’une volonté d’acier, pour ne pas céder à l’envie de lui donner des violents coups de poings et de lui enfoncer une paire de ciseaux dans un de ses globes oculaires. Si d’habitude à un moment pareil, je lançai une blague pour détendre l’atmosphère, aujourd’hui, une autre méthode allait devoir être utilisée pour me sortir de ce stade assassin. Il s’agissait de celle qui avait cramponné et baissé le levier pour abattre mon peuple.


    A deux doigts, de tomber dans l’hystérie, j’expirai ma pression, mon ressenti, les yeux fermés, comme un ballon d’air qui expirait légèrement se vidant d’un excédent d’hélium inutile. Cette manœuvre me permit de revenir sur la réalité, et de percevoir avec tous mes sens, ce qu’il se passait ici. Les gouttes d’eau qui fuyaient depuis le fond du seau de bien mauvaise qualité, le grincement léger mais audible de la manche frottant les bordures de la partie basse et métallique du contenant d’eau. Tout était audible, aussi bien le souffle acharné et les plaintes de ma prisonnière que le vent qui sifflait sourdement, faisant bouger mes cheveux de temps à autres.

    Le calme revenu dans mon esprit, mes yeux s’ouvrirent à nouveau, présentant un regard annonçant une prophétie calamiteuse, dans un calme si reposant, mais tellement perturbant, qu’on y percevait clairement les tréfonds de la malice. La main tenant fermement l’outil de la prochaine phase, je cherchais dans le regard de la belle, un soupçon de compréhension de la situation actuelle.

    Sans crier gare, j’envoyai cette eau glaciale sur la face de la jeune femme, laissant les insectes et les rampants défiler sur le visage de la demoiselle. Cela fait, je jetai le seau loin de moi avant de regarder une minute entière la réaction de la victime. Humiliée, réduite à moins que rien, et contrainte de subir ça, était le prix qu’elle devait payer pour avoir agi de façon aussi barbare.

    - Il y a cinq années de cela, tu as commandité l’attaque de mon peuple, et si la grande partie a péri ce jour-là, le reste a été fait prisonnier, afin d’être torturé et tué par la suite. Il y a cinq ans, tu m’as privé de mon royaume, de mon avenir, de mes espoirs et de mes ambitions. Il y a cinq ans, ton choix, a anéanti mon existence. J’ai entendu dire que ta mère, celle que j’ai bien pris le soin d’abattre avait également joué un rôle important dans l’accomplissement de cette barbarie…

    Je parlais trop, je le savais.
    Je laissais trop d’émotions revenir à la surface, je le savais.
    Je perdais mon statut de bourreau, je le savais.
    La colère submergeait mon corps et esprit, je le savais.
    Je voulais en ce moment la tuer, je le savais.

    Reprenant un calme certain après avoir autant déballé, après avoir tant dit sur ce qui me motivait à agir, je pris ma chaise et je vins me tenir en face d’elle, avant de chuchoter :

    - Tu vas me dire, exactement comment ça s’est passé, et qui est intervenu là-dedans, avant que je ne t’ôte les dernières fonctions de ton esprit…

    Laissant les paroles prendre place dans son esprit, j’observais impatient, ce qu’elle allait me dire. Et ce qui sortirait de sa bouche, déciderait grandement de l’issue de cette soirée débutante.


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    Blue Zandal'arFurettozorus Rex Blue

    Re: /i\▬ Rencontre innatendue [pv Blue]

    Message par Blue Zandal'ar le Sam 25 Aoû - 2:21



    Des retrouvailles inattendues


    "Nous avons tous deux loups qui se battent dans notre coeur. Celui qui gagne est celui que nous nourrissons."

    Nyx
    Wendigowak...

    L’intonation et les échos suraiguës, stridents de la frappe dans la tête de la jeune fille raisonnaient encore une fois dans son esprit tant son corps chétif avait eut du mal à encaisser le coups qu'on lui avait donné.
    L'élan furieux d'une chaise en métal dans la boîte crânienne si bien faite de la chamane, avait eut pour effet un son si particulier, assourdissant, froid, lui arrachant la parcelle gauche de son visage à la façon d'une rafle sauvage en lui faisant vomir les tripes du courage qui lui restait encore, accrochées à sa misérable innocence.

    L'esprit de la colère, de la haine, du froid et de la famine chuchotait son nom aux portes des lèvres gercées et imbibées de sang de la demoiselle en détresse, à la façon d'une douce symphonie douloureuse, doucereuse, maladive aux promesses éternelles d'une faim à jamais inassouvie.
    Wendigowak...


    L'esprit de la jeune femme raisonnait en échos, fracassée, son image immaculée d'une beauté sans pareil et d'une pureté aux éclats chatoyants dû se courber d'effroi dans le néant distordu du royaume spirituel tant la voix du malin exerçait son emprise empirique sur l'esprit de la Baalkyane.
    Elle était la seule beauté éclatante, entravée sous les malheurs de l'esprit le plus terrible qui soit, le plus craint mais également le plus nourrit d'entre les mondes.
    Wendigowak...

    Les iris aussi pourpre que ne pouvait l'être le rubis le plus épuré d'outre-monde, sa grande tête de cerf bordés de crocs tranchants et luisants de lambeaux humains, il observait devant lui l'esprit innocent de la jeune femme qui allait bientôt scier, lâcher prise, passer le cap de la colère et de la disgrâce.
    Il fendit un rire carnassier, sardonique, pervers à en glacer le sang à l'idée de corrompre cette seule chamane spiritiste dont les pouvoirs pourraient largement lui être utile à la conquête de Teren.

    Wendigowak était ce pourquoi les hommes se battaient, il était ce pourquoi la terre était baignée de fange et d'immondice. Il était le loup Némésis des chamanes, le noir, le yang, l’infamie et la peste, le petit frère de la mort et le cousin de l'éternelle souffrance.
    En lui portait le dessein de l'humanité, mais aussi l'équilibre des mondes et de la terre au travers de trêves mortuaires et d'occasions trompeuses, de rêves insalubres mêlés aux hurlements de terreurs.

    Ses iris flambant de sang frais, il continuait d'observer l'esprit immaculée devant lui sans scier du regard, patientant en continuant de la narguer, targuant dans les oreilles et l'esprit bourdonnant -et à vif- de surcroit de la chamane, son nom afin qu'elle ne puisse jamais l'oublier.
    Chaque homme détient deux loups de combattant perpétuellement en lui : le bon, celui de l'espoir et des doléances et le mauvais, celui du désespoir, de la haine. Le gagnant et celui que l'homme nourrit.

    Blue la spiritiste se retournait vers Wendigo, une marque sombre, ténébreuse et étrange faisait saigner son cœur d'une encre noire, poisseuse, mortelle alors que tout son esprit n'était que pureté.
    Tantôt, la tâche se tarissait entre le nimbe de les courbes illuminées, tantôt l'encre perlait le long de ses veines palpitantes de sa poitrine affolée avec une telle luisance et insanité que Wendigo ne pouvait lui-même qu'apprécier l'instant en émettant un sifflement d'admiration face au combat que menait la belle âme devant lui.
    A force d'assécher le loup du désespoir, ce dernier revenait avec d'autant plus de hargne et de faim, une faim insaisissable et inassouvie depuis son origine et sa création.
    Dans l'espace, la luminosité et le désespoir qui se faisaient face se mirent à vibrer une nouvelle fois, puis furent comme aspirés, soufflés et terrassés par le vent du salut.

    L'esprit suprême fut rapidement soufflé, laissant derrière lui le sentiment d'impuissance, de désespoir et de glace qu'il était le seul à savoir maîtriser au summum. Et quand enfin Blue reprit l'ascendance sur ses émois en acceptant de revenir dans son corps, Wendigowak lui laissait pour seul souvenir de son passage, le murmure sombre d'une noirceur sans pareil de son nom...
    Wendigowak...



    Tandis que sa nuque lui criait grâce et que la chaleur semblait faire fondre son visage au sang coagulé, le nom du Wendigowak continuait à lui glacer l'échine en la faisant vibrer de tout son soul.
    Ses yeux s'ouvrirent aussi rapidement qu'elle en pu avoir le réflexe, c'est à dire, entre la migraine, le son strident, le mal qui rongeait ses poignets et le murmure doucereux et plein de promesses de Wendigo.
    Sa première expression en voyant les flammes bleues descendre vers son visage balafré fut d'écarquiller ses perles d'azures de manière horrifiée, Ses iris ayant les mêmes nuances que les flammes dans lesquelles son visage se consumait. A Baal elle avait vu des feux de camps, des feux de joies et aimait se griser la peau au soleil, brûlant et sournois, mais à aucun de ses souvenirs elle n'avait ressentit pareil cuisance, fournaise fièvre et ardeur par tous les feux qu'elle avait pu connaître.

    Juste voir les flammes lui donnait l'impression que ses pupilles allaient fondre et le derme de sa peau s'arracher de ses os. Chaque parcelle de sa peau douce et sensible s'étirait de façon à éviter l'incandescence de ses flammes infernales, aussi quand le bourreau eut son effet escompté, elle lâcha un soupire de reconnaissance et de désespoir, las.
    Elle lâchait prise. C'était ce qu'elle voulait et désirait à cet instant, lâcher prise.
    Abandonner l'espoir de se battre, la vie n'en valait pas le coups, l'espoir de la fuite n'était pas vain cependant, mais celui de vivre en combattant avec le secret qu'elle gardait au fond d'elle lui était insupportable.
    Elle allait lâcher prise et ça n'allait plaire à personne, parfois les secrets sont faits pour ne pas être dévoilés.

    La peau rugueuse et ensuée, perlant de chaleur et d'efforts surhumain, la glotte de la jeune fille remontait puissamment sa gorge en un déglutissement si profond qu'il en fit trembler la salle et les décors.
    Son visage lui grattait, l'horrifiait la brûlait à un point tel qu'elle ne pu retenir une série d'étouffements et de gémissements, prenant sur elle afin d'éviter de hurler son mal-être, n'étant pas du genre à être bruyante, elle s'étouffait de nouveau dans le silence de ses lèvres gercées par la sécheresse des flammes infernales.
    Peut-être était-elle enflée au niveau de la bouche, des joues à cause de la chaleur, en tout cas elle n'en savait rien, tout en elle était en feu et souffrait atrocement. Son physique n'était plus que chiffons de cendre et promesses nécrotique.

    Elle entendit à peine les quelques mots d'Armérys concernant son autorité sur le fait qu'elle n'allait plus jamais s'assoupir, sous entendant que s'il fallait la brûler il recommencerait.
    La tête toujours pendante, tirée en arrière en mettant sa gorge à nue, sensible et parfaite pour une quelconque attaque, elle ne pu rien réprimer, elle n'en avait juste pas la force ni la volonté.
    Elle voyait Armérys à l'envers sous ses yeux mi-clos où les larmes salines commençaient à perler son désespoir.

    Wendigowak...

    Elle mettait toute sa patience et ses efforts pour ne pas le nourrir, elle ne savait pas de quoi elle pouvait être capable si l'esprit faisait surface.
    Avec une voix déchirée et rauque, elle voulut répondre qu'elle s'en foutait de son autorité, mais sa position et sa gorge sensiblement tendue ne lui permirent pas de répliquer. Et puis les brûlures n'aidaient en rien en son désespoir, la rendant plus hostile et animant une certaine colère en elle.
    Ses mains tiqués par la torture, tirèrent sur les cordes serrées, lui faisant penser à un autre point de pression et de mal, elle en oubliait les brûlures le temps de sentir les coupures lui strier les veines t lui entailler sérieusement la peau jusqu'au sang.

    Son souffle se faisait court mais rapide, irrégulier et bruyant, elle s'autorisait à bouger sa tête de droite à gauche pour s'offrir des courants d'air et chasser les brûlures, sauf qu'elles s'animaient plutôt que de calmer les plaies, elle gémissait encore une fois un peu plus fort que précédemment, une plainte s'était élevée d'entre ses lèvres.
    Elle était au bord de la rupture physique et du craquage.

    Armérys avait raison, elle n'était pas un esprit domptable et pour se faire, il allait la briser.

    Elle en était consciente et impuissante, elle ne pouvait que prier Wendigo de lui être bienveillant et Dios de la pardonner pour sa faiblesse envers un humain qu'elle n'avait pas su tuer.
    Elle lâcha un léger cri étouffé, le feu continuait à brûler son visage et quand elle reçu l'eau glacé sur son faciés, la brûlure fut d'une telle intensité qu'elle en hurla, d'un cri déchirant, la gorge déployée.

    S'il est conseillé de ne jamais mettre de glace sur une brûlure, c'est pour éviter de propager la brûlure qui alors se fait interne, la peau reste mortifiée, mais l'intérieur, la glace continue à brûler et le feu à mordre chaque parcelle de sang jusqu'à ce qu'il en soit tarit, rassasié.

    Sa gorge et tout son visage était en feu, les insectes à ce moment n'étaient qu'un mince détail pour le peu de chose qu'elle pouvait encore sentir. Elle ne bougeait plus, sa tête et sa crinière noire tombèrent devant elle, léchant ses jambes nues grelottantes et piquées par le froid, ses lèvres étaient ouvertes, elle respirait comme elle le pouvait, haletait, ses inspirations était hyperventilées.
    Souffrante comme jamais, elle tentait de tirer sur ses cordes pour se ligaturer et couper les veines afin de s'infliger un autre mal et de penser à autre chose qu'à la glace et la brûlure, mais ni fait ni à faire.

    Elle écoutait en sourdine les paroles d'Armérys qui se fit très bavard, pendant qu'elle, jonglait entre ses pulsions nerveuses ; Un bras qui tremblait, une épaule qui se tordait, ses muscles qui se crispaient et son dos qui se contractait. Soudain elle écarquillait les yeux et lança un regard terrifiant.

    Ce genre de regard qu'on ne rencontre qu'une seule fois dans sa vie.
    Ses iris d'azures étaient détrempées de larmes, elle hoquetait de peur et de pleurs pour la première fois depuis cette entrevue.
    Elle n'angoissait pas, mais tremblait de souffrance.
    Elle était ahurit par un tel résumé, elle ne pu retenir un cri qui sonnait comme le glas de la guerre, bordé de chagrin et de terreur :
     " -  QUOI ?!

    Il y a cinq ans elle n'avait que dix neuf ans et sa très chère et défunte mère avait réussit à réunir tous les clans du cercle terrestre, des chamanes de Baal pour chasser la personne qui avait tué son époux.
    Se pourrait-il qu'Armérys soit celui qui ait tué Furie-de-nuit ?
    Il s'était de nouveau installé devant elle, sur cette chaise qui menaçait d'atterrir de nouveau dans son visage.

    Elle tiquait, apeurée, par réflexe elle baissait la tête comme si elle allait recevoir la chaise dans la figure alors qu'il la posait tranquillement devant elle.
    Elle reprit de nouveau un hoquet en retenant les larmes salines de la peur, elle ne voulait pas tomber dans le même piège que cet humain, elle ne voulait pas haïr, être en colère où se laisser submerger par le Wendigowak, l'emprise et le pouvoir donné à cet esprit malin n'en serait que plus désastreux … à un échelle mondiale.

    Il avait prit un faux calme -après la tempête- et dans l'obscurité la plus totale, la chamane grelottait, ses dents claquaient tout comme elle jonglait et luttait pour rester éveillée.
    Vingt quatre heures sans manger ni boire, elle était plus que poussée à bout.
    Elle lançait un dernier coups d'oeil vers Armerys et croisait ses magnifique yeux d'or.
    De rouille et de sang, dont l'éclat intact ne résumait que le tiers de la beauté du personnage. Son chasseur, si beaux et pourtant si terrible, rivalisait l'obscurité et les ténèbres. Pourtant cette noirceur ambiante n'arrivait pas à étreinte ses iris aux lueurs solaires, comme s'ils étaient alimentés par le feu de la haine et de la passion.
    Elle voyait et savait qu'il avait mal, qu'il était mourant dans sa colère et son affliction. S'il pouvait voir son âme, il aurait certainement perçu le Wendigo comme un ami de longue date, un ami fidèle qui lui servait de bois à brûler.

    Elle grelottait une seconde fois avec intensité puis n'y tenant plus, son visage tombait contre sa poitrine et le long rideau de la nuit enveloppait ses courbes graciles dans sa globalités, elle finissait enfin par exploser en sanglots.
    Pas de colère ni de haine, juste de la peur, la peur de rentrer dans le cercle infâme et vicieux du Wendigowak.
    Bouleversé et secoué, son corps tremblait tandis qu'elle lâchait ses nerfs, d'inaction, de famine, de peur au ventre et d'heures de traques sans fins pour finalement... lâcher prise.
    Au moment où elle aurait justement dû garder courage et annoncer la vérité avec impassibilité et tranquillité, elle venait d'annoncer à son bourreau par ses larmes qu'elle ne pouvait plus rien encaisser, trop courageuse certes, mais trop faible pour continuer.
    Au moins pouvait-il se complaire à connaître les limites de la jeune chamane et ainsi à mieux connaître son ennemie.

    Avant qu'il ne bouge, elle ajoutait dans un souffle entre deux hoquets de stupeur :

     " -  J'avais dis-neuf ans, j'étais innocente ...  Ma mère traquait le tueur de... Elle te traquait toi ! Les flammes bleues sur la poitrine de mon père lors de son enterrement… Tu es l'origine de cette guerre...  "

    Elle raclait sa gorge, ses larmes continuaient de pleurer. Son père a été tué il y a presque onze ans de cela et la chasse pour retrouver le criminel fut longue, mais jamais Minuit ne s'était dégonflée pour retrouver l'assassin de son mari et seul amour, cumulant nuits sans repos et jours sans faim pour retrouver le coupable.
    Elle en avait même finit pas être ironiquement égorgée par le bourreau et sa fille prisonnière par ce dernier.
    Blue toussait à s'en faire vomir de désespoir tandis qu'elle tentait en vain de réunir ses dernières forces dans le but de poursuivre, n'ayant plus assez de larmes pour pleurer, se sont des spasmes de douleurs qui prenaient par à-coups sa poitrine hoquetante.

     " - Je ne t'en veux pas, jamais je ne t'en voudrais... Mon père était partit en expédition pendant presque un mois... il nous a laissé seules... Ma mère à promis de le venger...  Elle a eut ce qu'elle voulait finalement, tout comme toi...  "

    Ses dernières paroles raisonnaient avec puissance comme une supplication plus qu'un constat, se tarissant en échos dans ce lieu lugubre où plus aucune lumière n'était assez forte pour éclairer cet entrepôt glaciale.
    Elle éternuait, grelottant en faisant claquer ses dents pendant qu'elle pouvait toujours sentir la morsure de la brûlure fendre sa chair, prise d'un éclair de génie, un sursaut d'espoir, elle ajoutait pour elle-même de sa même voix basse, rauque et blessée:

     " -  Je n'aurais que deux vœux, les deux derniers du condamné si tu me le permets...  
    Le premier est de me laisser utiliser mon Aktech afin d'implorer le pardon aux esprits pour avoir faillis à ma tâche de leur accorder le repos.
    Le second... D'utiliser la lotion bleu-roi sur moi quand tu me verras partir... Il n'y en a qu'une, elle porte ton nom écrit dessus. "

    Partir sans sous-entendu, partir dans le sens où elle allait crever, après tout là était le but sordide du bourreau, celui de torturer jusqu'à absorber la plus petite et infime parcelle de vie de la soupirante.
    Blue toussait en crachant son sang sur ses jambes frêle, elle arborait un teint blafard livide limite spectrale.
    Le sang avait séché le long de ses lèvres et ses yeux étaient légèrement opaque, voilé par le rideau de la fatigue et de la mort.


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    Armerys HorhorMercenaire

    Re: /i\▬ Rencontre innatendue [pv Blue]

    Message par Armerys Horhor le Lun 5 Nov - 0:51

    Toute cette interrogatoire ne mennait à rien, à force d'essayer et de tenter de faire revenir les souvenirs tissés de notre histoire vers les cimes de la connaissance, je la perdais. Je le savais, j'aurais pu m'arrêter là, j'avais déjà été trop loin mais quelque chose m'ordonnait de continuer et de poursuivre sur le chemin du sang et de la folie, de l'exutoire qui se présentait ainsi devant moi, sous forme d'une vengeance aux formes impies et obscures. La haine que j'éprouvais à cet instant était d'une telle ampleur et d'une telle intensité que le palpitant qui servait à réchauffer le sang de mes veines, n'avait fait que battre quelques sonorités puissante mais au combien lente et langoureuse.

    Le pendule de la haine et de la colère s'évertuait à me faire agir avec violence et en contrôlant mes mouvements, je pinçais une fois de plus mes lèvres en fusillant la garce fratricide devant mes iris ambrés où tonnaient les arcs de foudre les plus destructeurs.
    Je n'avais que trop entendu ses jérémiades et c'est en tranchant net son discours au moment où elle prononçait les premiers mots " je n'aurais que deux vo..." que de nouveau mon sourire fin et malsain s'étirait le long de la commissure de mes lèvres.
    Je lâchant ce ton glacé, marbré et agacé en la fusillant de mes yeux assombris par la pénombre environnante.
    " - Innocente vraiment? Depuis quand les innocents mentent-ils sous les yeux de leur bourreau, en les berçant dans ce genre d'histoire à dormir debout?"

    Ajoutais-je en simulant un bâillement dans l'optique de montrer mon ingratitude.
    " - Ah oui, depuis que tu n'as plus que ta langue pour te défendre, chose qu'on va rapidement pouvoir remédier si tu me sors encore un mensonge aussi gros que celui-ci."

    Je marquais une courte pause de façon à observer sa tête bouffie par la chaleur et ses yeux ruisselants. Je n'avais pas écouté la suite concernant l'aktech où quoi que ce soit et de toute manière je m'en foutais, la seule et unique raison pour laquelle je l'avais gardé détenue, plutôt que de la tuer dans l'immédiat, était pour me venger et lui faire payer pour tout ce qu'elle m'avait fait.
    Assit sur ma chaise, j'écoutais le vent dehors souffler férocement le glas de la peur et l'allali d'une nuit empreinte de cauchemars. Plissant mes paupières de délectation en observant la louve noire se tapir et frissonner à cet appel j'assurais un autre sourire, cette fois plus soudain avant de lever mon poing et d'ouvrir largement mes doigts.
    " - Réponds. Qui a géré la stratégie de cette attaque, Blue?"

    Mes doigts se plièrent et avec douceur, une légère lueur azurée se frayait un chemin pour se placer au coeur de ma main, les flammes de mon Aktech bien que d'une couleur différente des autres flammes, avait la particularité d'être plus condensées et féroces, à cela Blue en avait déjà fait les frais et à l'air de son visage qui me sied à ravir, je poursuivais en approchant la chaise de la sienne.
    Elle était solidement attachée et je ne risquai rien par principe, son encordée qu'elle avait réussie à ravager au prix de sa chair n'avait que trop peu été entamée et j'estimais que ma patience avait atteint largement ses limites.

    Silence pour mots.
    J'abaissai alors l'outil de son chagrin, ce qui ferait plus tard d'elle une proie des flammes vives et azurées dans cet entrepôt, mais sur son bras droit, à l'endroit ou sa chair douce mais froide par cette nuit noire, était parcouru par les veines et les nerfs de son corps.
    Ma main monta vite en température et entre mes doigts parfois l'on pouvait apercevoir les flammes bleutées s'échapper d'entre les deux chairs liés, mais mes iris bien qu'attirés par la vivacités de celles-ci se focalisaient surtout sur les émotions et les yeux de ma proie de façon à ne perdre aucune texture et teinture de cette peinture de l'abomination.

    Qu'elle hurle, qu'elle se débatte, se mordre la langue, le sang, la bouche où tente de creuser ses liens, cela m'importait à cet instant unique, car mes flammes azurées aussi salvatrices et épurée qu'une eau de roche, auraient pu lentement mais surement venir à bout de n'importe quelle résistance.
    Après un long moment à prendre en note tous ces tics et à observer chacun de ces regards et expressions du visage, qui démontrait une douleur physique et sans doute morale, j’éteignais mes flammes avec lenteur mais certitude.

    Ma main remontait lentement le long de son bras jusqu'à ses épaules, caressant avec une certaine douceur et préciosité sa peau frissonnante de douleur.
    Je prenais, je l'avoue, un plaisir coupable d'effleurer la chair tiède de ma proie meurtrie, il y avait quelque chose que je n'avais jamais autant ressentie en effleurant de ce fait une femme, quelle qu'elle soit.

    Sans m'étaler sur le sujet, j'avais sentie comme un poing de pression se resserrer dans ma poitrine, me forçant à froncer mes sourcils et à figer ma main dans l'espace, le temps de me remettre de cette émotion coupable et dérangeante. Car jamais au monde je n'avais éprouvé quelque chose de la sorte, un souffle coeur assez violent qui précipitait ma respiration, devenant écourtée tandis que je pouvais sentir chacun de mes sens s'enflammer, devenir plus sensible à chaque chose en ce lieu.

    Sans reculer ni avancer, restant ainsi mobile, le dos de ma main effleurant la cime de l'épaule de la belle, je revenais bien vite à la triste réalité en lui jetant cependant un regard d'or, curieux. Qui se voulait glaciale et intransigeant, mais qui malgré tout irradiait d'un fond de tendresse que je voulu taire raidement, sentant la chaleur monter le long de mes joues froides et rougie par la gêne de ces sentiments qui venaient me hanter, si beaux et pourtant tellement destructeur.

    Je ne me sentais pas de continuer de la harceler de questions, cependant ma focalisation revenait brutalement sur les points de pressions, une main resserrée par des liens étroits qui avaient déjà commencés à creuser leur sillon sur une chair rosées et striée par l'effort de la douleur et puis, cet avant bras que je venais de détruire, ni plus ni moins.
    Un point noir légèrement calciné d'où s'élevait encore quelques volutes de fumée grise et une forte odeur désagréable de chair calcinée.

    Si mon coeur si hardi désirait tant l'arrêt de cette torture, mes idées, mon esprit et mes souvenirs ne firent que raviver les flammes de la vengeance que j'estimais juste.
    Je savais mon regard toujours attendrit et mes joues autant parsemées de ce rouge d'où se libérait la passion d'un amour naissant et pourtant cela ne m'arrêtait pas dans mes actions, je n'avais fait que prolonger la séance par quelques douceurs afin que mieux s'éveille la frayeur.

    Ma main remontait doucement le long de sa veine, effleurant son cou et les charnières de peau qui lui servaient à tenir son vêtement, mon index et mes autres doigts fins allaient trouver avec délicatesse sa nuque et ses cheveux de soie tandis que mon pouce venait sur sa joue parsemée d'étoiles brillantes, les larmes de la triste rédemption.
    Je les essuyais lentement avec quelques gestes circulaires, non sans omettre d'effleurer légèrement ses lèvres si belle, qu'elles m'appelaient à chaque secondes qui s'écoulaient et à chaque instants où je me rapprochait d'elle.
    " - C'était toi. Et tu sais que tu ne mourras pas, tant que je n'aurais pas eu ce que je veux. Tu m'as volé mon passé et mon avenir..."

    Fermant délicieusement les paupières, mes lèvres chaudes vinrent caresser son épaule gelée et embrasser son cou tendu, jusqu'à arriver au creux de son oreilles attentive, avant d'ajouter dans un murmure tiède des plus calme et doux:
    " - Je te volerai ton temps qui t'est si précieux. Tu ne sauras pas combien de temps je vais te garder ici sous mon contrôle. Je te prendrai également ce qui t'est le plus cher, Blue. Cherche bien. Car une fois que tu ne l'auras plus..."

    Je me levais subitement, faisant tomber le sur quoi j'étais assis, avant de me retourner avec ce sourire à la fois bienveillant, calme et pourtant si terrible qui ornait mes lèvres et mes joues...
    " - Tu ne pourras plus la récupérer..."

    Entonnant un léger rire sournois, je sortais dehors pour aller me nourrir, la laissant ainsi dans le froid et le calme, réfléchir à mes propos et se reposer le temps de ma chasse.

    Bien sur, quand je reviendrai, j'allais également la nourrir, à quoi me servirait-elle, morte? J'avais bien vue dans la pâleur de ses traits et la lumière faible de ses pupilles, une grande faiblesse dû certainement à l’exagération d'une famine et d'une fatigue trop forte pour que son esprit soit présent. De mon coté, j'allais également profiter de la fraîcheur du soir pour comprendre ce qui m'étais arrivé avec mes émotions et mes sentiments, l'adrénaline m'aidait à organiser mes esprits et parfois à oublier certains détails trop pesant, je misais donc sur la chasse afin d'éclaircir ces mystères.


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    Re: /i\▬ Rencontre innatendue [pv Blue]

    Message par Blue Zandal'ar le Jeu 8 Nov - 1:51



    Des retrouvailles inattendues


    "Nous avons tous deux loups qui se battent dans notre coeur. Celui qui gagne est celui que nous nourrissons."

    Il ne lui aurait fallut l'espace que d'une journée entière pour que la jeune chamane n'ait déjà craché toutes les larmes de sa rancœur, salées, abondantes et dont l'amertume n'avait égale que les pincements que son cœur exerçait à chaque regard qu'elle donnait vers son chasseur.
    About de tout, de force et de courage, la spiritiste se retenait néanmoins de hoqueter de peur et de souffrance quand le jeune homme devant elle, lui tranchait net les paroles qu'elle avait proférées : Elle qui était si certaine de trouver du bon et de l'empathie chez cet humain se faisait littéralement fourvoyer et de surcroît, il lui manquait d'un respect incroyable.

    Dès ce moment où elle se rendait compte que l'esprit du Wendigo était aux cotés de cet humain, elle s'était sagement rangée: elle ne pouvait plus rien pour lui, ni pour elle : elle était devenue une marionnette vouée à encaisser les pires immondices qu'un être vivant pouvait exposer sur une autre créature vivante de ce monde.
    C'était cela, être possédé par un esprit, un esprit Loas, un fantôme si ancien et ancestrale qu'on ne pouvait lui résister. Il avait tellement de pouvoir d'attraction et de formes de possession d'esprits qu'il était impossible de s'en tirer et c'était exactement ce à quoi Armérys était exposé.

    Cependant elle ne pouvait pas le lui dire, il ne comprendrait certainement pas et c'est naturellement à la fin de l'amusement mortel de l'esprit que le jeune chasseur s'en rendrait compte. Soit, trop tard. Et elle n'avait en ce moment aucun moyen de pression pour laisser l'esprit s'en aller sans offrir de séquelles à ce jeune hommes qui avait, déjà bien assez souffert de sa vie et de son passé à cause de son existence. Altruiste comme personne, la jeune chamane avait lâché ainsi prise par sagesse mais aussi par amour.

    Son visage était retombé contre sa poitrine frêle et transpirante de sueur, de poissures, fatiguée, crevée et souffrante elle voulait que tout cela cesse, il n'y avait aucun combat à mener, rien en tout cela, de toute cette affreuse manipulation, n'avait de buts ! Elle avait dit la vérité et maintenant, cet humain cherchait n'importe quel moyen pour venir à ses fins, elle en pleurait d'avantage qu'elle en était impuissante.

    La nuit tombait et avec elle, le fardeau de toutes ces années de maladies et d'attentes, Blue tremblait de froid, un froid glaciale et de faim, chaque parcelle de sa peau était érigée par la morsure de la nuit.
    Ses iris turquoises aux nombreuses cernes rougies par l'effort et le silonage de ses pleurs, Blue cherchaient sur elle le moyen de puiser ses dernières forces et les derniers retranchant d'un courage qu'elle ne voulait même plus utiliser.

    A ce stade, tuer un humain devient bien plus compliqué qu'on n'y croit, Blue en était totalement incapable et si pour le tant soit peu d'opportunité, on lui donnait l'occasion de le faire, elle n’attentait pas à la vie de ce malheureux garçon pour la bonne raison qu'il n'était plus lui-même. Il était possédé et hors de contrôle. Certes un humain reste un humain et il aurait été préférable pour elle de le massacrer à coups de crocs bien placé, mais elle était si faible et tellement énamourée qu'elle se ne refusait, l'ardeur et la véracité de ses sentiments les plus épurés la faisaient trembler de peine et la trahissait totalement.
    En tant normale la chamane ne tuait que pour se nourrir où pour se défendre, le titre de chasseresse s'était mérité avec patience au même titre que celui de chamane, mais à ce moment elle n'était rien et aucun de ses titres honorifiques ne l'aidaient dans sa quête pour survivre face à cet humain déterminé.

    Sa respiration saccadée et rapide lui brûlait la gorge et si elle s'était encore attendue à un certain mal de la part de cet humain -réponse certainement positive- elle en avait fermé les yeux d'avance et sa bouche, offreuse de réponse sur la question qu'on lui posait, s'était fermée avec une telle pression que ses lèvres tremblaient et la peau se décollait légèrement sur la force exercée par ses gencives.
    Le bruit de la chaise qui se rapproche, du souffle venimeux de son bourreau et les entrelacs des cordes lui pliant sa chair rougie par sa force féroce, sonnaient comme un glas, celui de la mort.

    Le contact sur sa peau fut tout simplement froid au premiers abord, bien qu'il en fut doux et bon, il devint rapidement infernale, sur son avant bras, elle pouvait sentir les premiers fourmillements de ses muscles et de ses nerfs cédant face à la chaleur exorbitante des flammes azurées.
    Elle écarquillait ses yeux et gémissante, elle serrait ses dents, mais aussi courageuse pouvait-elle être, elle relevait sa tête brutalement en arrière en hurlant de toute sa rate, quitte à s'en faire plier la gorge et péter les cordes vocales.
    Chaque brûlure était insupportable, incisive et terriblement rongeuse, elle ne pouvait se résoudre à observer la couleur de sa peau après un tel exercice qui dalleur, la fit comater après une telle pression exercée sur sa chair.

    De nouveau les cordes se tendirent à leur paroxysme, sous le hurlement effroyable, un bruit sec de craquement se fit, mais la jeune fille en proie à son cauchemar avait elle-même les oreilles percées par son propre cri d'effroi : Elle n'avait pas entendu cette corde à sa cheville se rompre par excès de force de poussée.
    Et tandis que la chaleur mourrait lentement dans le creux de son bras, ses pleurs et gémissement se poursuivirent au moins, plusieurs bonnes minutes après l'extinction du feu azuré.
    Gémissante en gardant la bouche ouverte pour chercher l'air et respirer comme elle le pouvait, les yeux fermés et chaque muscles de son corps tortillés par la douleur, Blue tentait mais en vain, de remuer chaque doigts crispés de sa main calcinée .
    Il y eut d'abord des gémissements étouffés et quelques petits cris de surprise quand la douleur se faisait un brin trop forte. Rapidement elle abandonnait l'idée de récupérer sa main, les nerfs lui faisait un mal si terrible qu'elle abandonnait déjà l'utilité de cette partie de son corps.

    Déglutissant, ses lèvres légèrement gercées laissaient passer l'air de ses poumons avec une certaine difficulté, tandis que la brûlure sur son avant bras semblait d'estomper.
    Cependant son bras toujours alerte et à vif pouvait ressentir comme une douce et agréable chaleur remonter le long de son membre glacé par le froid de cette nuit.
    Elle trouvait cela limite supportable et inadéquat à la torture, paradoxalement, créant un contraste éblouissant entre la douleur et la douceur.

    C'était une caresse douce et tendre, étrangement limpide et effervescente, avec autant de mal que de curiosité, elle relevait lentement sa tête vers cette caresse de satin en fronçant les sourcils dès qu'elle découvrit ce qu'il se passait: Elle ne comprenait pas.

    Leurs yeux se croisèrent l'espace d'un temps assez court, son visage à elle était baigné par l'incertitude, que voulait-il au juste ? Elle décelait nettement une part de tendresse baigner ses iris de flammes et de lumière, une part de bonté et de douceur berçait son regard d'ambre, c'était à en devenir fou.
    Elle ne comprenait pas le but de la manœuvre tant et si bien qu'elle se laissait à apprécier ce contact si satinée, de soie et de velours contre sa peau glacée. Elle en oubliait l'horreur et les affres de ces moments passés avec lui.

    Cependant ses iris d'un cyan épuré cherchaient toujours une réponse à l'incompréhension du moment, cherchant sur la pointe de ses lèvres et de chacun de ses mouvement emprunte de tendresse, le pourquoi d'une action aussi magnifique qu'irréel qu'un rêve pouvait l'être.
    Aucun son ne brisait le silence de cette rêverie au combien enivrante, totalement soumise et focalisée sur cet élan d'amour qu'elle pouvait recevoir, elle l'observait sans détacher la moindres importance à ce qui se passait. L'espace d'un instant aussi court qu’invraisemblable, plus rien au monde n'avait plus d'importance que ces quelques caresses précieuses et ce regard de pierre, une ambre reflétant toutes les nuances chaleureuses d'un soleil à son midi.

    Quand il se penchait sur elle pour embrasser son épaule, elle fut rapidement bercée par un sentiment d'effroi qui fut de nouveau effacé et remplacé par le sentiment de ne pas avoir la poitrine assez grosse pour y contenir son cœur palpitant, férocement.
    Détournant la tête avec fermeté, l'empêchant de braquer son regard dérangeant sur ses lèvres gercées, elle frissonnait d'un plaisir interdit.
    Lorsque le chasseur effleurait son oreille avec cette chaleur tiède, cela lui arracha un rougissement sans pareil de ses joues blanchies par la famine et la fatigue.
    En moins d'une seconde il avait su enflammer chacun de ses sens et de sa peau pour qu'elle puisse lutter d'elle-même contre le froid glaciale de cet entretien et de ce lieu lugubre.

    Ses murmures bien que poisons, la fit de nouveau frémir, l'immergeant dans une vague à l'âme de sensations bien étrange, entre fourmillements passionnels et tremblements d'effrois.
    Son corps ne savait plus comment réagir et la jeune fille dans son tourment ne savait plus où elle en était.
    Nouvelle torture mortelle qui, lorsque Armérys eut finit ses murmures empreintes de promesses sinistres, la chamane lui tendit un regard interdit et bordé de prières, lui demandant indirectement de ne pas s'arrêter, néanmoins le claquement de la chaise au sol la ramenait brutalement à la réalité et c'est de nouveau apeurée et tremblante telle une feuille qu'elle se hissait sur sa chaise, en voyant le chasseur partir à l'autre bout de l’entrepôt.

    Il lui fallut plusieurs minutes pour comprendre ce qu'il venait de se passer, le sang sur ses lèvres continuait à couler et son bras droit était juste totalement massacré, bien qu'encore utilisable.
    Une heure ? Peut-être deux pour lesquels, même si elle était au bout de la rupture, elle pouvait aisément voir que sa jambe droite avait été libérée de sa corde.
    Une jambe bourrée de cicatrices dus aux éclats d'obus et des fils acérés qui lui avaient labourés la chair, levant les yeux vers le plafond de l’entrepôt, puis les fenêtres ouverte, elle considérait la nuit comme bien entamée quand après un long moment à attendre et à grelotter, ses dents claquant dans le noir, elle s'endormit telle une masse, son corps spammé des tics de douleurs et des morsures fraîches de la nuit.


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    Armerys HorhorMercenaire

    Re: /i\▬ Rencontre innatendue [pv Blue]

    Message par Armerys Horhor le Lun 19 Nov - 1:56

    C'est la respiration précipitée et saccadée, les muscles douloureux à m'en arracher le corps et les poumons vidés, secs, glacés et vomissant mes entrailles que j'arrêtais péniblement ma course effrénée. Le peur dans les tripes et la mort dans l'âme, ma main tiède, glissante mais forte empoignait une branche sur mon passage avant de la broyer au creux de mes doigts: Cette longue chasse nocturne n'avait pas réussit à avoir son effet escompté et pire, je devenais bien fou à m'évertuer de la sorte à courir avec férocité dans ces bois, en bordures de l'entrepot.

    Mon palpitant n'avait de cesse d'être secoué, de la droite vers la gauche, entre la souffrance et les remords. Le pincement froid qu'il en résultait à chacun de ses battements ne me rendait que plus sensible et je me du affronter l'évidence en cet instant: Je ne me reconnaissais pas, dans cet entrepot, ce n'était tout simplement pas moi!
    J'arrachais un gémissement plaintif tant mes idées fusaient au travers de ma tête, se mêlant avec tant de rapidité que soeur lucide n'arrivait même pas à m'éclairer sur mes meilleurs attentions. Que m'arrivait-il? Des années durant, trois! Trois ans à me préparer à cette confrontation où j'avais imaginé tous les sénarios et les scènes d'épouvantes les plus impossible dans le seul but de lui faire payer! Si d’antan j'avais imaginé toutes ces scènes de mal-intentions et m'en délectais en affûtant clairement mon arme, aujourd'hui je fendais le désarrois. Pire! Les remords.

    Ma main abandonnais bien vite la branche que je jetais avec négligence avant de ralentir ma course et me mettre à marcher avec toujours autant de haine, de colère et d'entrain, j'avais besoin, j'avais l'impression... d'avoir cette nécessité d'être purifié de mes actes, car même si toutes mes idées de vengeances et de douleur sur Blue attisaient en moi une sensation de justice, d'autres sentiments et émotions surgissaient depuis les abysses nihiliste de mon âme.
    Il était clair qu'elle méritait pire comme châtiment, la mort était une chose bien plus simple que la torture et certainement que j'aurais été lavé des crimes et de l'impie de cette Baalkyane. Mais il n'empêchait que certains émois revenaient toujours m'agacer et me fendre l'âme à la façon d'un poignard que l'on agitait derrière mon échine.

    Je niais et refusais l'évidence, je ne me voulais pas accepter l'ombre, le doute de cette rencontre. Cette maudite chamane m'avais trop causé d'ennuis et de problèmes, je devais l'éliminer.

    Mais ce regard d'azur et ces sensations de vertige...
    Je pouvais sentir la colère gronder en moi, emplissant mon être d'une énergie électrique dévastatrice, longue et interdite. En chacun de mes muscles je pouvais sentir mes veines palpiter et mon sang ne faire qu'un tour, mes principes de base avaient étés bafoués.
    Je savais que lorsque je reviendrai je poursuivrai mon acte de bourreau sans m'en arrêter à là, la vengeance m'appelait et c'était un cri que je ne pouvais ni ignorer ni feindre, j'allais de nouveau continuer à lui imposer le malin et la mort sans cesse, jusqu'à ce qu'elle en paie définitivement le prix de ma paix.

    J'étais confronté à des idées paradoxales et c'est en cela je pense, que la colère revenait en moi, un océan de sentiments me submergeait tandis que je reprenais enfin mon souffle, repensant avec calme et sérénité aux choses merveilleuses qui m'attendaient dès demain. Un bon repas auprès du feu accompagné de Mörn et de ceux qui ne m'ont jamais abandonnés... Que je n'ai jamais abandonné.

    Furieusement, mes dents se resserrèrent et je me rappelais également du froid mordant et glaciale qui s’agglutinait dans l'entrepot, laissant la louve noire dans des conditions de vie bien pire encore. Je soupirais, exaspéré par la pensée même de m'occuper de ma prisonnière. Je l'avais mise dans un état tel que je frissonnais d'horreur à l'idée de la soigner, j'avais atteins un stade redouté, mes épaules montaient lentement dans un soupire de lassitude: Et alors? Elle l'avait méritée.
    Cependant je fronçais les sourcils en émettant un fin grondement de mécontentement, elle méritait de mourir afin de ne plus jamais tuer où faire souffrir qui que ce soit, mais elle ne méritait certainement pas autant de peines et de tortures.
    Ce contraste perpétuel me gavait à un point où je m'armais d'un poing fort et puissant que j'abattais contre un arbre, s'ébranlant et grinçant sous l'impact de mon attaque.

    La fatigue sans aucun doute, je n'avais jamais autant accumulé autant de sentiments, d'émotions et de contradictions en un seul et même moment, même lors de mes soirées les plus difficiles de mercenariat. Et si la solitude m'avait toujours étreinte comme une amie, ce soir elle m'accusait d'un doigt droit planté vers ma poitrine large et saillante.
    Peut-être étais-je en proie à des illusions? Des hallucinations? Je devenais fou? Où bien étais-ce l'oeuvre d'un esprit malin? Qu'importe, je ne me reconnaissais pas dans mes actes et bien décidé d'en finir avec la demoiselle, je rentrais à l'entrepot d'un pas toujours aussi déterminé, ferme mais moins bercé d'arrogance et de fierté: J'étais toujours dans l'attente et finalement ne savais pas qui écouter d'entre mon coeur, mon esprit et ma tête.

    Il avait plu, ce qui avait expliqué le manque flagrant de gibier, mais l'abondance de fruits quelconques, myrtilles, fraises et autres baies sauvages que j'avais récolté sur le passage. Et autant j'étais heureux de rentrer dans l'obscurité et la paisibilité d'un lieu sec, autant de nouveau j'avais l'horrible sensation d'être épié.
    C'était comme si on me forçait à déverser ma Haine, ma colère et cracher le feu daconesque de la vengeance sur tout ce qui se situait autours de mes talons et même s'il était tentant, trop tentant de me laisser conduire à une immolation directe de la belle, je me promettais tôt où tard de lui faire payer l'obscurité de mes souvenirs par la noirceurs de mes actes.

    "" - Akasha..."

    Ajoutais-je en rompant le silence morbide de ces lieux, visant un vieux tas de débits, bois et autres médisances asséchées par le lieu-dit depuis le creux de ma main tendue.
    Les flammes azurées vinrent immédiatement s'enrouler et créer un brasier, puis un feu de foyer dense, captivant la grotte verdoyantes de milles lueurs bleutées.
    Un instant, j'enlevais mes hauts de façon à les entreposer du coté des flammes et les sécher avant d'aller chercher de nouveau le sac de la demoiselle et fouiller de quoi la soigner, peut-être avait-elle également de quoi se nourrir par elle? Je ne comptais pas vraiment là dessus à vrai dire.

    J'en tombais rapidement sur quelques flacons rouge de la lotion que j'avais appliqué quelques heures avant puis avec étonnement et surprise, incompréhensif et désespéré à la foi, mes doigts firent tinter un flacon détenant une eau d'une couleur aux tons d'une nuit d'été. Un bleu nuit profond d'où s'échappait quelques nuances d'un pourpre presque évaporé, mais ce qui me rendait véritablement interdit, était l'indice et l'écriture marqué par des lettrines majuscules et féminines sur ce flacon.

    "" - A.R.M.E.R.Y.S"

    Je déchiffrai rapidement ces lettres en fronçant les sourcils, la sorcière avait créée une lotion à mon nom, loin de là à m'en offusquer, j'en étais même rendu fier et même si mon coeur s'était arrêté de battre le temps d'une note, un sourire presque innocent et naïf parcourait mes lèvres en étirant mes zygomatiques.
    Mais quelle folie était-ce? Quel poison? Qu'importe, ce secret là, je le lui arracherais avant qu'elle n'ai dans sa tombe. Rapidement je le fourrais dans ma poche de mon bas avant de lancer un regard presque contemplatif vers la demoiselle en question.

    J'approchais à pas feutrés avant de m'accroupir en posant une main chaude sur sa jambe qui était glaciale et suintante, de sueur et de sang. J'imbibais de nouveau un vêtement pour lui soigner les blessures apparentes, mais une fois certain qu'elle dormait profondément, je lui ôtais les lianes et encordées qui lui rompaient les veines et entravaient ses mouvements.
    Passant de nouveau le torchon imbibé sur ses lésures, je l'attrapai au creux de mes bras non sans soupirer d'amertume, son contact était si froid que j'en avais la chair de poule, sa tête ballotait contre mon torse tandis qu'agacé je montais mes iris ambrés vers le plafond.

    Elle n'étais pas lourde à vrai dire et je pense qu'elle était la plus légère de toutes celles que j'ai pu porter jusqu'à maintenant, mais c'est sans aucune douceur que je la reposais pourtant au sol, suffisamment proche du feu pour que son sang arrête son processus de glaçage et qu'elle reprenne chaud.
    Je la poussais un tant soit peu, m'asseyant à ses cotés de façon à toujours l'avoir sous mon contrôle quand elle se réveillerait, néanmoins il n'y eut pas d'effets et ses paupières demeuraient closes.

    Les baies n'étaient pas loin, je les rapprochais à nos cotés tandis que sous la lueur des flammes azurées, je la prenais dans mes bras, ses cheveux sous mon menton, mes bras l'englobaient dans la totalité, j'espérai de ce fait lui donner un peu de ma chaleur humaine pour que son réveil se fasse plus rapide.
    Néanmoins cela n'eut pas l'effet attendu et je dû bien attendre plusieurs longues minutes ainsi, à enlacer le fruit de mes souvenirs éhontés sans qu'il ne s'y passe quoique ce soit, s'en était désolant.

    Mon index et mon majeur tièdes vinrent effleurer et trouver la veine-mère au creux du cou de l'insolente, là où d'ordinaire devaient se répercuter les battements de coeur de la demoiselle. Mes paupières frémirent un instant pour lequel je ne su dire si c'était le temps qui passait si lentement où ses battements qui avaient une cadence aussi mortelle.
    Bien vite je réagissais en prenant de ma ceinture un poignard en me taillant rapidement la chair de façon à y faire couler mon sang salvateur.

    Si je savais les Baalkyans cannibales et dévoreur de chair, je savais également que les boissons et éléments chauds pouvaient avoir un effet bénéfique sur les corps glacés-endormis et par expérience, je savais que mon oeuvre allait certainement la sauver de cet état léthargique et mortel.

    Amenant ma blessure à ma bouche, j'aspirais suffisamment de mon liquide chaud et vitale pour ensuite, l'échanger contre les lèvres closes de la belle. Sans avaler mon extrait vitale, je vins déplacer légèrement la jeune femme sur le coté de mon épaule et par un baiser long et chaud qui se voulait surtout sauveur de vie, je lui déposais mon sang sur son palais et sa langue afin qu'elle en avale ne serait-ce qu'une infime quantité. Infime, mais nécessaire à son réchauffement.

    Le goût salé de mon liquide vitale me fit tiquer, affichant la ride du dégoût entre mon front et mes cils déformés par la rage. Combien de fois allais-je devoir la sauver pour la tuer de nouveau? Qu'importe! Je récidivais l'opération de ce baiser ensanglanté autant de fois que nécessaire jusqu'à ce que je puisse y observer une forme, même très frêle, de mouvement de sa part.
    " - N'espère pas en prendre plaisir, t'es pas là pour ça, Baalkyane. hum?"

    J'abaissais mes iris d'or vers les siens, courroucé, fatigué, fier mais bordé de colère, l'or de mon regard n'avait jamais été aussi perçant.


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    Re: /i\▬ Rencontre innatendue [pv Blue]

    Message par Blue Zandal'ar le Ven 30 Nov - 2:22



    Des retrouvailles inattendues


    "Nous avons tous deux loups qui se battent dans notre coeur. Celui qui gagne est celui que nous nourrissons."


    La jeune chamane ne put sortir de sa profonde léthargie tant l'énergie et la vie qui s'était écoulées en elle, lui manquaient à cet instant. Elle revivait dans un sommeil aussi profond que désordonné, les derniers moments heureux qu'elle avait vécu avec ses parents avant que ceux-ci ne soient balayés par les affres du temps et de la vengeance, en soit, elle ressentait également les remords et les émotions de peur et d'angoisse qu'elle avait vécu le jour de leur pertes.

    Et bien qu'ils en furent profond, elle n'arrivait pas à tolérer pouvoir être une machine de bat, car même si sa dévotion pour Dios avait toujours été pour le moins admirative, la demoiselle n'avait toujours tué que pour se nourrir, en outre, là était la différence entre elle et ses confrères. De ce fait, elle ne pouvait reconnaitre son désir de tuer pour le plaisir et encore moins les fantasmes divers d'assassiner ou sacrifier des êtres vivants uniquement pour la gloire à Dios. Si une proie devait être abattue, ne devait-elle pas l'être afin de servir une plus grande cause que celle de la survie?

    Elle se perdait ainsi, dans les méandres de ses souvenirs et de ses fantasmes, son cerveau s'évertuant à l'imaginer ailleurs, sur une île désertique bordé de l'océan et de son éternel horizon vaste et magnifique. Elle y demeurait contemplative et silencieuse, assise sur une plage de glace, une banquise immaculée qui lui écorchait et mangeait la chair à chaque instant pour lesquels ses iris cyan s'éternisaient sur le puits de ses rêves: L'Océan libérateur.

    Et puis ce sol sablonneux glaciale qui lui transperçait la chair se mit à lui arracher la peau et à se liquéfier, à la réchauffer comme si un volcan se tenait sous nombre de ces plaques de cristal enneigés. Sans tiquer ni bouger, son rêve se transformait en cauchemar et elle y revit ses remords, le torse pâle de son père poignardé et la tête ensanglantée de sa mère décapitée roulante au ralentit jusqu'à ses pieds.

    La chamane jurait que ses paupières n'avaient jamais été aussi lourdes de sa vie, tant et si bien qu'à peine elle les fit frémir alors qu'elle tentait en vain de comprendre ce qu'il se passait et d'où venait se réchauffement soudain, alors que la plupart de ses membres étaient encore aussi froid qu'une pierre tombale sous le givre hivernal.
    Sa respiration bien que difficile fut coupée et tranchée par l’absorption d'un liquide qu'elle n'arrivait pas immédiatement à identifier, son souffle ainsi  tranché par l'épaisseur du liquide lui coupait sa respiration et elle faillit en tousser, mais là encore, son manque flagrant d'énergie ne lui permit pas d'expulser la tiédeur du corps qui entrait dans sa gorge.

    Elle se laissa donc réchauffer de cette manière, sans avoir le nom de la texture, du goût et de la couleur de ce qui s'écoulait agréablement le long de sa gorge et puis de nouveau, cette voix insolente mais rêveuse, tendre, basse mais arrogante l'extirpait de son état léthargique.

    Cependant ses yeux demeuraient clos et son corps ne pu réagir à cette voix qui lui commandaient indirectement de survivre.
    Comment l'aurait-elle pu seule? Elle s'était résignée et lâchant prise, aurait préférée mourir suite aux dernières blessures et brûlures effectuées sur son corps, plutôt que de renaître grâce - où à cause de- cette personne.

    Pour toute réponse à sa question, la chamane n'en demeurait pas moins silencieuse et figée dans les bras de son chasseur. Seuls les éclats du feu salvateur et chaud, ainsi que les battements féroces et ininterrompus du coeur d'Armérys bravait ce silence aussi gênant qu'austère.
    De nouveau elle récupérait une gorgée de ce liquide épais et chaud, dont la texture cette fois, associée au goût amer, salé et typique du sang lui permette d'ouvrir suffisamment ses yeux pour contempler là, le baiser qu'on lui offrait.

    Si la Naïveté lui fit compresser ses muscles de surprise, son innocence la fit violemment rougir et ses joues s'empourprèrent si instantanément qu'elle ne ressentait de ce fait plus le froid ni la glace lui mordre la chair.
    De même, par réflexe humain et par les sentiments qui s'écoulaient de son être, elle ne pu réprimer son irrésistible envie de survivre et avec une infinie douceur mêlée d'une fragilité qui lui était propre à cet instant, son bras droit se levait avec paresse.

    Sa langue se déliait dans le but de repousser le liquide qu'on lui offrait et ainsi retarder la fin de cette étreinte qu'elle désirait garder encore un petit moment.
    Ses doigts fins mais longs vinrent effleurer le menton, la mâchoire et caresser avec douceur la joue du jeune homme en s'y posant avec une délicatesse et une tendresse profonde. Chaque geste qui émanaient de la jeune fille semblait murmure un "je t'aime" raisonnant depuis les abysses lointain d'une colère oubliée, tandis que son regard cyan aux reflets d'une turquoise parfait, légèrement humidifiés par la peur et la honte de ses sentiments qu'elle songeait unique, semblait étouffer un "ne m'abandonne-pas."

    Ses paupière mi-closes frémirent de bonheur malgré cet instant tragique qu'elle préservait et enfouissait dans sa mémoire, comme là, encore un souvenir d'une beauté et d'une rareté à s'en damner l'âme.

    La prolongation du baiser se fit jusqu'à épuisement du sang qu'elle arrivait à avaler malgré-elle, voulant garder les lèvres du jeune homme un peu plus longtemps sur les siennes. Elle ne cachait pas sa déception mais compréhensive du fait que c'était là, une situation exceptionnel dû à sa survie, elle se rembrunissait en affichant une mine déçue, déconfite, impardonnable.

    Elle lâchait un soupire si profond qu'il en ébranlait les deux âmes et sa main désireuse de caresses et de tendresses, retournait mollement sur le sol glaciale de cet entrepôt, lui rappelant avec fracas la dure réalité.
    Blue était là comme prisonnière et torturée. Et en aucun cas elle se tenait ici pour profiter de cette personne qui, était son bourreau et son chasseur.

    Son innocence pourtant si grande pouvait-elle être, préservait l'écrin précieux d'une chance peut-être, un espoir de se tirer de ce mauvais pas et de se faire gracier, excuser auprès d'Armérys pour ce qu'elle avait dit plus tôt.

    Ses yeux fixaient l'âtre du feu azuré, quand elle glissait son regard perdu et humide vers Armérys.
    Expirant d'une façon qui lui était propre, déçue et angoissée avant de poursuivre dans un murmure égorgé par la peine et la fatigue:
    " -Je ne veux pas mourir, Armérys..."

    Enchainait-elle en songeant "je ne veux pas te perdre..." tandis qu'elle se ressairait dans les bras chaud et musclés de son chasseur, silencieuse et tremblante.

    S'il l'avait ramené de cette façon avant le début du levé de soleil, cela ne signifiait qu'une chose: Qu'il voulait reprendre le service de torture et poursuivre ses malfaisances jusqu'à épuisement, jusqu'à ce qu'elle, perde de nouveau connaissance.
    Angoissée, elle se demandait bien ce qu'il se tramait dans la tête du mercenaire qui la serrait de ses bras, chaud et réconfortant. Puis n'y tenant plus, après plusieurs minutes de silence, elle s'endormit profondément.


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