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    Lucie FieldHumaine pauvre
    Humaine pauvre

    l'autre côté.

    Message par Lucie Field le Sam 9 Juin - 11:46

    Pour Lucie, la vie n’est qu’une série d’emmerdes et d’épreuves que l’on affronte les unes après les autres. On a à peine le temps de finir avec l’une d’entre elle et de se reposer qu’une autre vient et nous empêche d’être en paix. C’est une illustration un peu pessimiste mais pas totalement fausse, surtout quand on vit dans les bas-quartiers de la ville. Une affaire, un jour, un repas. On ne vise jamais à long terme et on espère tenir jusqu’à demain. On ne pensait pas non plus au passé, l’important était l’instant présent. Mais des fois, il y avait des éléments qui chamboulaient l’ordre établis.

    Comme par exemple, une sœur abandonnée qu’on retrouve plus ou moins par hasard. Bien que Lucie ait toujours su à quelle famille Kaylar fut vendue, elle n’a jamais fait le moindre geste pour retrouver sa sœur. Son père ne lui avait pas interdit pourtant mais Lucie ne voulait pas rencontrer sa sœur, qui lui ressemblait tant, vivre mieux qu’elle, dans le luxe et l’argent. En tout cas, c’est ce que s’imaginait la mécanicienne. L’histoire ne lui donnait pas totalement tors, un jour, au coin d’un journal, Lucie apprit la mort de la famille Malard. La totalité de leurs biens revenant à leur fille adoptive, Kaylar.

    Depuis ce jour, elle nourrissait une sorte de jalousie incontrôlable envers sa sœur qu’elle pensait si chanceuse. Les œuvres et armes de Kaylar étaient réputées alors que les siennes restaient inconnues, tous justes intéressants pour les criminels et les pauvres. Alors que, Lucie en était persuadée, elle était aussi douée l’une que l’autre.

    Il fallait également ajouter ça au fait que jamais, pas même une seule fois, Kaylar n’avait fait signe de retrouver sa famille. Elle pouvait en avoir après son père, ce qui était normal, il l’avait vendu. Mais pourquoi n’avait-elle pas voulu retrouver sa sœur ? Après tout, elle n’était pas responsable de quoi que ce soit ! C’était Marcus qui avait choisis. Comment s’y était-il prit ? Lucie ne l’avait jamais vraiment su… Ou alors c’était la famille qui avait tranchée en choisissant l’une ou l’autre !

    Cette idée faisait froid dans le dos de Lucie… et si la famille ne l’avait pas choisi car elle pensait que Kaylar était meilleure qu’elle ? C’est ce genre de pensées qui accompagnait souvent la jeune mécano’ si bien qu’un jour, elle décida que s’en était assez. Prenant son courage à deux mains, elle décida de se rendre dans les hauts-quartiers pour retrouver Kaylar et la confronter, découvrir enfin ce qui les différenciait mais aussi ce qui pouvait les rapprocher. Qui sait, peut-être qu’elle était elle aussi rongée par le doute et l’hésitation ?

    C’est fort de cette certitude que Lucie se rendit dans les haut-quartiers, là où se trouvait la boutique/atelier de sa sœur. Un endroit autrement plus beau et grand que son propre commerce. Dedans, les vitrines débordaient d’aktechs de pointe, à la technologie et au design si pure qu’ils ne semblaient mêmes pas réels. Alors que ceux que Lucie faisait semblaient lourd, primitifs, ils ne tenaient pas la comparaison. Voilà qui était rageant.

    Elle se concentra et chercha les traces d’une chevelure rousse dans la boutique. Si elles faisaient sensiblement la même taille et qu’elles avaient tous les deux les cheveux rouges, les deux jumelles ne se ressemblaient pas du tout au niveau du visage. Dans son souvenir, Kaylar avait un visage beaucoup plus carré et des yeux biens plus expressifs. C’est donc ce qu’elle cherchait en entrant, une rouquine au visage dur.

    Elle la trouva un peu plus loin, en train de travailler sur une prothèse, la tête baissée et l’air concentrée :

    - Kaylar Malard ?
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    Re: l'autre côté.

    Message par Kaylar Malard le Dim 10 Juin - 15:30

    La chaleur écrasante de mon atelier me fait une fois de plus retirer mes lunettes de protections. La création, j'adore ça et même si mes parents adoptifs ont plus qu'abusé de mon savoir, je n'ai jamais éprouvé de dégouts pour cet art. C'est même sans doute mon amour passionnée pour mon travail qui m'a gardé en vie et m'a permis de ne pas perdre l'esprit toutes ces années. D'ailleurs, on peut clairement le voir dés l'entrée dans mon magasin. Ici, l'imagination et la création sont les reines ! Partout dans les airs vols des minis Zeppelins en bronzes et des petits oiseaux mécaniques, des machines high-tech côtoient une multitude d'objets anciens restaurer ou en cours de restaurations. Il y en pour tous les gouts et surtout pour toutes les bourses dans mon bric à brac.

    J'essuie à présent du revers de mon bras mon front ou perle une fine pellicule de sueur. Cette prothèse, je sais que je dois la finir au plus vite, mais ma gorge et si sèche que j'ai l'impression que si je ne bois pas de suite, des flammes vont me sortir du gosier ! Je sors donc du petit atelier attenant à la boutique et je passe coté vente me servir à boire. Une fois mon verre d'eau avaler, une caresse sur la tête d'Aërys et hop, me voilà de retour tête baissé sur la prothèse high-tech à laquelle j'ai apporté pas mal de petite améliorations. Ben oui, je suis une inventrice moi, pas une simple réparatrice ! Mais, mes clients le savent et c'est ça ne sera pas une surprise pour lui que je lui rende amélioré.

    La petite cloche à la porte de mon magasin sonne, Aërys grogne un peu. Le petit flemmard bien coucher au soleil n'a pas dû apprécier qu'on le réveil de sa sieste. Je me demande comme fait cette bête pour vouloir encore de la chaleur alors qu'on étouffe déjà ici ? Parfois j'aimerais moi aussi être un Fennec de feu. Pour ma part, je garde ma tête baissé bien décidé à ne la relever qu'en cas d'extrême nécessité. Puis une voix s'adresse à moi. Ben tiens, c'est quand tu ne veux pas être dérangé qu'on te dérange !

    Lunettes de soudure sur les yeux, je relève ma tête et là quelle n'est pas ma surprise en reconnaissant celle qui me face. "Lucie, c'est bien toi ?" Oui, ma  question est quelques peu stupide sachant que vue notre ressemblance il ne fait aucun doute que c'est elle ! Mais vue la chaleur qui règne ici, il se pourrait que je sois en train de rêver ou délirer peut-être ? Après tout pourquoi ma sœur serait là après toutes ces années ? Elle n'a jamais chercher à me revoir avant alors pourquoi aujourd'hui ?
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    Re: l'autre côté.

    Message par Lucie Field le Dim 10 Juin - 17:00

    xBien, au moins, Kaylar sait reconnaitre sa sœur au premier coup d’œil. Même si Lucie devinait qu’elle ne s’attendait pas à la croiser. Le regard, le ton hésitant ou encore le petit mouvement de recul. Ne s’attendait-elle pas à un jour revoir sa sœur ? Elle était maintenant trop riche pour s’occuper de si basse considération que sa famille de sang ? Tant de questions et l’envie de prendre cette prothèse pour lui éclater sur le visage !

    Un visage certes différent, mais on ne pouvait nier la ressemblance entre elles. La même couleur d’yeux, les mêmes pommettes, les mêmes cheveux forcément.

    Petit détail amusant que nota Lucie, elles portaient toutes les deux des lunettes de protections. Mais par bien des égards, elles semblaient être le négatif l’une de l’autre. C’était à la fois passionnant, perturbant et énervant. Ce qui allait certainement donner le ton pour la suite des évènements :

    - Non, je ne suis pas Lucie, je suis sa putain de jumelle démoniaque trop riche pour s’occuper de plébéien comme elle.


    Cynique, agressif, clair. Voilà ce qu’elle ressentait à l’instant présent. Elle s’éloignant dans la boutique et regarda un peu ce qui se faisait dans cette antre. Les petits digérables volants ajouter un vrai caché à l’endroit. C’était bien loin des bras mécaniques qui ornaient les murs de son propre atelier. Activant son SR1, elle en attrapa un au vol pour l’examiner de plus prêt sans risquer de le casser. C’était une pure merveille d’ingénierie. Elle tenterait de copier ça dès qu’elle rentrerait :

    - Je ne m’attendais pas à ce que tu deviennes mécano comme moi. C’est assez énervant de voir que tu as un meilleur niveau que le mien. Mais en même temps, quand on peut se payer des composants aussi rares, aussi précieux, c’est normal de faire du bon matériel !

    C’était là encore une façon étrange de lancer la conversation, mais Lucie nageait en plein inconnu. La robotique, ça elle connaissait et c’était rassurant. Commencer par ce terrain pour établir le contact semblait la meilleure approche. Quand bien même elle se montrait agressive, c’était sa façon de communiquer :

    - Ça fait 23 ans que tu es dans cette famille et ça fait autant de temps que j’attends des nouvelles de toi ! Je t’ai souvent envoyé des lapins quand j’étais jeune, jamais tu n’as répondue ! Pourquoi ne jamais m’en avoir envoyé ? Je veux dire, que tu en veuilles à Marcus, ouais c’est normal ! Mais moi, je ne voulais rien d’autre que ma sœur. Tu pourrais peut-être m’expliquer tout…ça.

    Elle retourna devant Kaylar et croisa les bras, attendant une réponse qu’elle espérait satisfaisante ! Cela faisait trop longtemps qu’elle s’imaginait ce que pouvait bien être la vie de sa sœur. Elle ne semblait manquer de rien, sa boutique était ravissante et elle s’était même payé le luxe d’avoir un de ses petits fennecs de feu.

    Ces petits animaux étaient joueurs et très beau, plus petite, Lucie aussi en voulait un. Mais quand elle avait calculée ce que ça lui coûterait à elle et son père, elle avait fait machine arrière, se contentant de profiter de ceux qui traînaient dans la rue et de ceux que ses amis avaient réussi à apprivoiser.

    Trêve de divagation, il y avait réponses en attente.

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    Re: l'autre côté.

    Message par Kaylar Malard le Jeu 14 Juin - 20:31

    La colère gratuite et injustifié est une chose que je n'apprécie mais alors pas du tout ! Je ne sais pas ce qui me retient d'utiliser mon Aktech' pour lui faire passer l'envie de me chercher des noises alors que je suis en plein boulot ! D'ailleurs, sa réflexion sur mon travail qui aurait pu être flatteuse semble soudainement moins agréable lorsque celle qui est ma sœur me lance plein d'amertume que je ne dois ma réussite qu'au composant que j'achète à prix d'or ! Elle est sérieuse ? Je ris en secouant la tête. "Tu pense que l'argent est responsable de ma réussite ? Non ma chère, c'est mon talent qui parle, mon imagination et mon travail acharné ! Je ne vis que de mes revenues et même si ma boutique marche bien, je ne vis pas non plus dans l'indécence du luxe ! Si tu te demande si l'argent des Malard dort sur mon compte en banque et bien non ! Il a servi à divers associations lorsque je leur en ai fait don. Pour ma part je n'ai pris que ce qui me revenait de droit pour ouvrir ma boutique. Ces enfoirés me devait au moins ça !"

    Elle me pense riche est imbue de moi. Elle me juge sans même me connaitre, sans même savoir par quoi je suis passé ! La richesse, oui c'est bien ! Mais rien ne vaut à mes yeux la chaleur d'un foyer et même si Marcus n'était pas riche, il était notre foyer à Lucie et moi. Mon regard teinté d’interrogation s’assombrit soudainement et je fini par lui répondre : "Une chose est sur, ce n'est pas les bonnes manières qui t'étouffe ! Tu me juge alors que tu ne me connais pas ! Tes lapins je ne les ai pas reçu. Sans doute les Malard les ont fait grillé dés leur arrivé dans leur propriété. Ils n'étaient pas des tendres et jamais je n'ai considéré ces gens là comme ma famille ! Même si j'aurais voulu vous envoyez de mes nouvelles, jamais les Malard l'auraient permis..." Penser à tout cela à nouveau m'agace et me blesse. Je voudrais que Lucie arrête de me chercher sur ce sujet douloureux.

    La voir plantée là face à moi les bras croisés me dérange. Je suis prise au dépourvue. Je respire alors lentement et je reprends : "J'ai attendu, très longtemps que notre père revienne me chercher. Pas un jour ne passait sans que je ne pense à vous et à tout ce que je n'avez plus auprès des Malard. L'argent ce n'est pas tout ce qui compte. Oui, j'imagine bien que tu dois te dire que j'ai eu la belle vie mais ce n'est pas le cas. J'ai été l'esclave des Malard ! Lorsqu'ils m'ont adopté ils étaient dans la classe moyenne. C'est mon savoir, mes inventions et mon travail qui les a enrichis et c'est pour ça que je n'ai pas accepter leur héritage battit sur mon esclavage. Maintenant si tu veux encore m’insulter et me juger fait le, mais sache que je n'ai mais alors aucune patience donc à toi de voir !" Mon regard toujours rempli de fureur je ne la quitte pas des yeux une seule minute.
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    Re: l'autre côté.

    Message par Lucie Field le Mar 19 Juin - 23:52

    Lucie regarda sa sœur exploser d’une colère qui peut sembler légitime, c’est vrai qu’elle ne s’était pas montré très diplomate avec elle et lui avait fait des reproches très dur. Au moins, elle était bavarde, même si c’était pour l’incendier en retour et se défendre de toutes les accusations dont pouvait l’accabler la mécanicienne.  Certes, il y avait un peu de mauvaise foi, car qu’elle le veuille ou non, un meilleur matériel entrainait forcément de meilleurs résultats, c’était mécanique. Ce débat serait pour plus tard. Pour le moment, Lucie voyait son assurance et sa colère prendre un sérieux coup dans l’aile.

    Elle avait assez de mal à imaginer que Kaylar puisse avoir servi de main d’œuvre servile. De mémoire, sa famille d’adoption avait une excellente réputation et se montrait très gentille. Leur mort avait attristé beaucoup de monde. C’était désolant, il fallait admettre… passer sa jeunesse à trimer pour enrichir les autres ne devait pas être plus glorieux et glorifiant que de vivre en comptant littéralement sa nourriture au gramme.
    Malgré tout, Lucie ne pouvait s’empêcher de trouver ces problèmes quelques peu… obsolète.

    - Bah, tu n’as rien loupé, niveau amour paternel, on repassera avec Marcus. Depuis ton départ, il s’est persuadé qu’il n’avait qu’une seule fille. Tu penses que j’avais son autorisation pour envoyer des lapins ? Je te dis ça, il ne voulait même pas que je l’appel papa. Il refuse toujours d’ailleurs, mais je ne vais pas t’ennuyer avec ça.


    Les bras toujours croisée, elle regardait sa sœur. Même si elle disait avoir fait don de toute sa fortune à des œuvres de charités, elle vivait visiblement correctement et ne manquait de rien. Lucie avança jusqu’à l’établi et examina ce que sa sœur travaillait. Une prothèse de bras d’excellente facture, elle disposait de nombreuses améliorations et miniaturisations. Un travail remarquable, la structure semblait faite en polymère. Un modèle à destination civile, il ne semblait pas particulièrement résistant cependant, ça devait se destiner à un usage civil ou pour faire beau.

    - Je note, j’aime beaucoup comment tu as répartit les batteries le long du radius. La position des capteurs sensitifs est astucieuse. Tu as utilisé quoi comme base ? Un Osteoros, c’est une super marque. J’en trouve assez rarement, mais quand je mets la main dessus, j’en fais des merveilles.

    Quoi de plus naturel que de parler de la seule chose qui les rapproches ? Elles sont toutes les deux de talentueuses créatrices.C’est seulement à cet instant que Lucie se rendit compte que c’était la meilleure approche. Elle avait laissé sa colère prendre le dessus et ne s’était pas posé la question de savoir ce qui serait le mieux pour établir le contact.

    - Tu es imaginative, et ça ce n’est pas une question de pognon, tu as raison. Tu te souviens, un peu avant ton départ ? On avait imaginé pleins de plans et d’idée de prothèses. Tu avais eu pleins d’idées, tu me crois si je te dis que j’utilise encore certains de ces concepts ? Regarde !

    Lucie balança sa jambe sur le comptoir et dévoila son pied mécanique. Ce n’était une prothèse portée et robotisée, mais elle restait très élaborée dans son genre.

    - J’ai eu le pied écrasé lors d’une manipulation. Depuis je porte ça, ça ne m’handicape pas vraiment et ça me laisse un souvenir de toi… Bon écoute, désolé de t’avoir insulté comme ça. Je suis en colère et tu m’as manquée toutes ces années, je ne savais pas comment m’exprimer.

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