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    Sylène BraveheartShérif foudroyante
    Shérif foudroyante

    Troquer l'aversion pour la curiosité

    Message par Sylène Braveheart le Mar 16 Jan - 17:43

    Troquer l'aversion pour la curiosité

    Sylène et Malek

    Les habitants de Crystal Mill veillaient nuit et jour à ce que personne n’approche la ville dans autorisation. Ceci n’était pas très complexe puisque les Millkyans n’avaient nullement besoin de se reposer. Une ronde composée de volontaires était organisée chaque jour. Du haut de Big Beïng, certains remarquèrent que les créatures étaient agitées, ceci bien avant qu’ils puissent apercevoir de silhouettes. Cela devait être un humain. Pourquoi suspectaient-ils cela ? Parce que le shérif était rentrée et qu’à part elle, aucun robot n’empruntait le chemin le plus court car il était bien trop dangereux. Ce n’est pas comme si ils étaient à quelques jours près. Autant arriver sains et saufs car ce n’était pas comme si la faim ou la soif pouvaient les tirailler.

    Le signalement avait donc été donné assez  tôt à Sylène. Celle-ci avait indiqué avoir contacté un humain nommé Malek. Elle ne manqua pas de fournir sa description physique et un dessin très bien exécuté. S’il s’agissait de lui, il devrait être amené à son domicile, si ce n’était pas le cas, on viendrait la chercher et ils verraient s’il s’agissait ou non d’un ennemi hostile. Si c’était le cas, il serait envoyé dans The Maze.

    Le shérif avait pas mal de choses à gérer et vaqua donc à ses occupations les heures qui suivirent. Ce furent ceux en vigie qui purent admirer le spectacle assez hors norme fourni par un humain correspondant à Malek. De la lumière fusa et un boucan d’enfer résonna, la créature hurlait. Il n’y avait pas à dire : il y avait toujours beaucoup d’agitation avec les humains. Un groupe de dix Millkayans se forma pour aller cueillir Malek. Ils avaient pris avec eux, au cas où, de quoi se défendre et récupérer l’invité de leur cheftaine. Le groupe regarda la pauvre bête inanimée devant les portes de la ville et surtout l’homme à ses côtés. Ils avancèrent à sa hauteur, armés mais sans le menacer.

    -Malek, veuillez nous suivre avant que d’autres créatures n'arrivent. Sylène nous a prévenu de votre arrivée et a demandé qu’il ne vous soit fait aucun mal.

    Le groupe l’invita à le suivre. Cela dit, une fois dans la ville, un des membres siffla d’autres habitants et les invita à éloigner la dépouille du scorpiard du territoire et à l’enterrer. Il avait déjà été vu que certaines créatures repéraient les dépouilles des leurs et, par colère et vengeance, prennaient d’assaut la ville lorsque celle-ci était à moins de deux kilomètres. Les Millkyans veillaient donc bien à ne pas créer de problèmes avec les créatures et les gardaient le plus loin possible de chez eux. Bien sûr, Rosco les protégeait mais il n’était pas partout à la fois. Des dégâts auraient pu être déplorés.

    Le groupe emmena l’homme jusqu’aux habitations. Buzz était venu à leur rencontre, ayant flairé l’odeur de Malek.

    -Salut Buzz, on te laisse guider l’humain.

    Il jappa pour confirmer les propos et fit un signe de tête pour inviter son invité à l’accompagner. Il marcha jusqu’à la maison de Sylène. Cette dernière ouvrit la porte, avec le même air neutre habituel.

    « Malek, je suis ravie que vous ayez accepté mon invitation. Je vous souhaite, au nom de tous, bienvenue à Crystal Mill. Je vous en prie, entrez. Nous allons discuter au calme. »

    Dit-elle en lui faisant signe de ne pas rester dehors. Elle ferma la porte derrière lui et, une fois l’entrée passée, elle l’invita à s’assoir sur le canapé du salon. En bonne hôte, elle lui ramena un verre d’eau et le posa sur la table basse devant le canapé. Puis, elle s’appuya contre le mur en face du canapé. Buzz était à ses pieds, sagement assis.

    « Après toute cette route vous devez être exténué, même si vous vous débrouillez très bien en confrontation avec les créatures. »

    Bien sûr qu’elle était au courant de son arrivée en fanfare. Les nouvelles allaient très vite ici. Et puis, tout le monde devait lui transmettre les faites anormaux ou importants. Tous étaient venus lui parler de ce drôle d’humain qui avait combattu et tué un scorpiard de manière spectaculaire.

    « Avez-vous besoin que je m’occupe de soigner d’éventuelles blessures ? Je le fais de temps en temps pour les deux humaines qui vivent ici. »

    Bien évidemment, elle le faisait aussi pour les Millkyans mais elle voulait pousser l’idée qu’elle savait aussi s’occuper des plaies humaines. Elle doutait qu’il accepte quand bien même il en aurait eu besoin. Elle avait le sentiment qu’il ne l’aimait pas et ne l’aimerait sans doute jamais réellement. Pourtant, elle aurait aimé avoir tord et pouvoir faire plus ample connaissance avec lui. Tous les robots l’adoraient et avaient eu la chance de lui plaire. Elle les jalousait en silence.

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    Malek OttarrGénie de l’Ingénierie

    Re: Troquer l'aversion pour la curiosité

    Message par Malek Ottarr le Dim 6 Mai - 14:55

    Une fois mon regard levé de la bête morte à mes pieds, je pu apercevoir se dessiner doucement les silhouettes d’une poignée de personnes. Méfiant, je fronçais légèrement les sourcils en les comptant par automatisme, ils étaient une dizaine. Je ne voulais pas de problème avec eux, était-ce des habitants, des bandits ? Hm…

    A deux mètres de moi, l’un d’entre eux prit la parole. Il m’avait interpellé par mon prénom en me demandant de suivre avant qu’une horde de créature arrivent jusqu’à nous. Je jetais un brève coup d’œil à mes arrières, puis l’inconnu m’interpella de nouveau. A ses dires, Sylène semblait avoir prévenu de mon arrivé en demandant à ce qu’il n’y ait aucune agression. Ceci explique cela, le pourquoi connaissait-il mon prénom, mais ce méfiait aussi de moi. J’observais le groupuscule qui m’invitait à les suivre, effectivement, ils semblaient une majorité de cybernétique au premier coup d’oeil… Je marchais derrière eux, entendant un sifflement d’alerte qui hâta plusieurs personnes à éloigner la dépouille du scorpiard que j’avais tué.

    Etant autorisé à passer les portes de la ville, je regardais posément ce que la ville offrait en aperçu. Une grande tour s’élevait par rapport aux maisons, des maisons qui semblait en vieux bois, ne ressemblant pas vraiment à celle de ma bonne vieille ville d’Oäzys. J’étais à la fois émerveillé de découvrir un nouveau lieu, mais aussi sur mes gardes de ne pas connaître les habitants qui parfois jetais des bref coup d’oeil en plissant légèrement leurs rideaux entre leurs doigts cybernétiques.

    Un  animal qui m’était familier arriva jusqu’à moi, cette créature ressemblant à la fois à un loup noir et un oiseau bleu majestueux, il s’agissait de la créature de Sylène, j’en mettrais ma main à couper. Un homme du groupe le salua puis me confia à lui. L'animal se contenta de japper puis me faire un signe de tête pour m’inviter à poursuivre la route avec lui. Un peu déconcerté, je lui répondis.

    «Hum, ouai je te suis p’tit gars. »


    Après à peine deux minutes de marche, le familier se planta devant la porte d’une bâtisse qui ne tarda pas à s’ouvrir. Derrière celle-ci se trouvait Sylène, qui d’un air neutre m’accueillit.

    « Malek, je suis ravie que vous ayez accepté mon invitation. Je vous souhaite, au nom de tous, bienvenue à Crystal Mill. Je vous en prie, entrez. Nous allons discuter au calme. »

    Je l'avais remerciais machinalement d'un signe de tête et suite à ça, elle me fit signe de ne pas rester dehors. Elle avait attendu que je sois rentré dans ce qui semblait être sa demeure pour fermer la porte. Je fus invité à m’asseoir sur le canapé du salon, ce que je fis bien que toujours un peu méfiant. Mon bâton toujours à porté de bras, je n’étais pas tranquille même si d’apparence je paraissais très calme et silencieux. L’androïde m’apporta un verre d’eau qu’elle avait posé sur la table basse devant moi, j’entendais ses pas me contourner pour aller jusqu’à un mur face à moi sur lequel elle s’adossa en me toisant du regard tandis que son Familier, dont le nom m’avait échappé à se moment, s'assis sagement aux pieds de sa maîtresse.

    « Après toute cette route vous devez être exténué, même si vous vous débrouillez très bien en confrontation avec les créatures. »

    Je frottais ma nuque, à retardement je l’avais remercié pour le verre d’eau puis je fis un haussement d’épaule pour lui signifier que d’une part la fatigue ne m’atteignait pas, mais aussi que la créature n’avait pas été non plus quelque chose d’insurmontable.

    « Avez-vous besoin que je m’occupe de soigner d’éventuelles blessures ? Je le fais de temps en temps pour les deux humaines qui vivent ici. »


    Je me regardais brièvement puis toucha mon visage salit par la route, sauf quelques égratignures par-ci par-là qui n’avait pas besoin de soin, je n’avais aucune autres plaies. Je lui exprimais un gentil non merci et un silence pesant de plusieurs secondes s’installa. Je me sentais toujours méfiant et gêné en sa présence, mais je devais faire un effort devant mon hôte. Ma voix grave et calme s’élevait enfin pour dire plus que deux mots.

    « Hum… Donc, ici à Crystal, vous êtes presque tous… Non-organique, c’est ça ? Pas trop compliqué sans dirigeant humain ? Enfin… Je ne dis pas que vous n’êtes pas indépendant, la ville est très bien gardé, je suis même quasiment sûr qu’elle est mieux géré qu’Oäzys sur pleins de points. Je voulais dire, ça vous fait pas bizarre de ne pas avoir trop d’êtres comme moi ici ?»
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    Sylène BraveheartShérif foudroyante
    Shérif foudroyante

    Re: Troquer l'aversion pour la curiosité

    Message par Sylène Braveheart le Dim 10 Juin - 16:51

    Troquer l'aversion pour la curiosité

    Sylène et Malek


    Le moins que l’on puisse dire c’était que Malek n’était visiblement ni à l’aise ni extrêmement bavard, sur le coup. Mais quand, enfin, il fit l’effort de communiquer, il posa une question assez mal amenée. Sylène ne le prit pas mal, sachant qu’il n’était pas toujours facile de choisir les bons mots. Leur situation était déjà assez complexe pour faire la susceptible et monter sur ses grands chevaux. Il voulait savoir si cela ne leur faisait pas bizarre de n’être quasi qu’entre eux, sans êtres humains. Elle secoua doucement la tête et répondit après avoir réfléchi.

    « Nous avons vu nos pères partir et ou mourir. C’est votre réalité : vous êtes mortels et pas nous. C’est ainsi que nous avons été au final les seuls habitants de Crystal Mill. Bien sûr, cela nous a laissé une sensation de vide, au départ. Nous avons beaucoup pleurés ceux qui nous ont donné la vie. Puis, nous avons été obligés à prendre une indépendance brutale et forcée. Nous nous sommes adaptés. Nous avons fixé nos règles, et j’ai été élue pour diriger cette ville. Depuis, cela se passe bien ainsi. A vrai dire, certains sont frileux concernant les êtres organiques car nous sommes allés plusieurs fois vers Öazys et avons à chaque fois été repoussés ou bernés. Certains commencent à croire que nous ne devrions plus du tout côtoyer les organiques ou pire encore. »

    C’était une réalité assez triste mais réelle. Sylène pouvait le comprendre. Quand on est blessé, on essaie de se protéger parfois de manière extrême. Heureusement, le shérif était là pour remettre les rouages dans leur système pour rappeler qu’ils ne devaient pas se laisser emporter par la rage et la haine des autres. Certains organiques étaient des personnes bien, elle le savait grâce à Malek, Rey et Elykya’r, entre autres.

    « Mais je suis là pour les rappeler à l’ordre. Ce genre de comportement est inacceptable. Tout millkyan ne voulant pas l’admettre est immédiatement exclu de la ville. Je veux que nous vivions en paix et pas que nous laissons la haine l’emporter. Nous devons être meilleurs que cela. Nous n’attaquons que pour nous défendre d’une mort certaine et pas pour une espèce de suprémacie millkyane. Jamais je ne tolèrerai cela. »

    Buzz jappa comme pour confirmer que lui aussi était du même avis. Les leurs devaient se soutenir. Heureusement, la majorité des habitants était raisonnable. Tout ce que Sylène espérait, c’est qu’Öazys ne les attaque pas ou ne pratique des mesures horribles contre les robots esclaves restés là-bas. Cela révolterait forcément les siens et elle ne pouvait garantir que certains ne dérapent pas. Si cela arrivait, elle serait la première à vouloir les stopper pour qu’il n’y ait pas confusion mais Sylène ne pouvait être sur tous les fronts. Elle était un android, pas une magicienne.

    Ne voulant pas qu’un grand silence s’installe, le shérif demanda gentiment à Malek :

    « Et vous, cela ne vous fait pas trop bizarre d’être un des rares organiques de la ville ? Je peux vous laisser avec Elykya’r ou Rey si vous préférez parler à l’une d’elles, le temps de vous acclimatiez. »


    Sylène voulait bien faire mais elle ne savait pas vraiment ce que le jeune homme pouvait penser. Il était si mystérieux à ses yeux. Elle avait l’impression d’être toujours décalée par rapport à sa vision. Pourtant, ce n’était pas faute d’essayer de le comprendre.

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    Malek OttarrGénie de l’Ingénierie

    Re: Troquer l'aversion pour la curiosité

    Message par Malek Ottarr le Mer 3 Oct - 15:08

    Sylène après réflexion me répondit d’un signe de tête négatif avant d’argumenter afin d’étayer sa réponse auprès de moi. Elle expliquait que les habitants avaient vu leurs pères partir ou mourir, comparons notre mortalité à la leur. Après le départ des humains, ils furent aux finals laissés seuls. Les habitants de cette ville avaient sentit un grand vide et pleurer ceux qui les avaient construit. Pleurer ? Un robot n’est pas censé avoir d’émotion, la majorité aurait dû pourtant se désactiver pour attendre éventuellement un retour, pas tourner en rond et pleurer comme des enfants sans parents.
    La femme poursuivit qu’ils ont étaient obligés à prendre leur indépendance brutale et que les habitants se sont adaptés en se calquant à notre manière de vivre. Avec un chef, avec de l’ordre. Elle termina son explication en disant la frilosité des robots à notre égard, voulant vivre en autarcie.

    Beaucoup d'information était à décortiquer, j’allais de surprise en surprise ! J’amenais mon aktech brassard à mes yeux et appuyait dessus, prenant des notes pensivement sans même remercier mon interlocutrice. Hm… Un village d’hommes, de « pères », probablement constructeur donc… Abandonnant ou fuyant cette ville au demeurant paisible bien qu’éloigner d’Oäzys, sans prendre aucun robot avec soit… Des robots qui ne semble pas programmer pour se désactiver ou poursuivre des taches cycliques. Un sentiment de tristesse, de perdition. Ils calquent le comportement des humains pour mettre des règles dans une ville, ils ont même fait l’élection d’un chef… Très intéressant… Et pourtant si étrange. La voix de Sylène me rappela à l’ordre.

    « Mais je suis là pour les rappeler à l’ordre. Ce genre de comportement est inacceptable. Tout millkyan ne voulant pas l’admettre est immédiatement exclu de la ville. Je veux que nous vivions en paix et pas que nous laissons la haine l’emporter. Nous devons être meilleurs que cela. Nous n’attaquons que pour nous défendre d’une mort certaine et pas pour une espèce de suprémacie millkyane. Jamais je ne tolèrerai cela. »

    Donc elle était ce chef, à la fois mairesse et agent de l’ordre… Le peuple s’appelait Myllkyan et tout robot sous les lois de la ville et ne la respectant pas sont exclu. Ils ne veulent donc pas le pouvoir mais juste la paix…
    J’étais tellement concentrés dans mes notes que le jappement de son animal de compagnie passait totalement inaperçu pour moi. Les dirigeants d’Oäzys étaient-ils au courant de ça, du village ? Pourquoi l’exploration est toujours passé à côté… ? Cela m’étonne beaucoup qu’il n’y ait aucune défense ou un dépechement d’équipes scientifiques, ça me pousse à croire que l’origine du bug de conscience a démarré ici ou est un facteur principal. Cette ville est de plus en plus intéressante.

    « Et vous, cela ne vous fait pas trop bizarre d’être un des rares organiques de la ville ? Je peux vous laisser avec Elykya’r ou Rey si vous préférez parler à l’une d’elles, le temps de vous acclimatiez. »

    « Euh… Oui. Oui oui. C’est vrai que ce n’est pas commun, c’est même assez… Hm… Je cherche le mot juste… Intriguant, ça change. Pourtant, Dios sait que je suis entouré que de robots haha... Mais mentalement, se dire qu’on doit être l’un des seuls organiques, ça fait un peu bizarre. »

    Je fermais brièvement mes notes en m’étant aperçu que je pouvais paraître impoli. Je regardais ainsi autour de moi avant de poursuivre la discussion.

    « Quelque chose m’intrigue Sylène, vous semblez avoir pris un fonctionnement très humain ici, vous vivez en autarcie avec le gouvernement… Oäzys est-il au courant de votre "ville" ? Et… Aussi. » je ininterrompue quelques instants pour une formule de politesse. « Je vais sûrement avoir pas mal de questions, cette histoire semble tellement sur-réaliste... » Je repris alors. « Qui sont ses pères qui vous on quittés, pourquoi vous ont-ils abandonnés, c’est totalement… Totalement… Fou ? Vos robots. Hum. Habitants, ne se sont pas désactivé, mis en veille ou bien même continuer leur tâche jusqu’à épuisement moteur. C’est tout de même intriguant vous ne trouvez pas ? Bon, après je suis ingénieur, donc c’est vrai que cette ville me fascine par votre fonctionnement. »

    Est-ce que je l’avais agressé ? Je ne sais pas, mais j’avais tant de question, je voulais enquêter dessus.
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    Sylène BraveheartShérif foudroyante
    Shérif foudroyante

    Re: Troquer l'aversion pour la curiosité

    Message par Sylène Braveheart le Lun 15 Oct - 17:02

    Troquer l'aversion pour la curiosité

    Sylène et Malek

    Sylène avait vu juste. Malek n’était pas très à l’aise à l’idée d’être un des rares organiques du coin. Cependant cela ne le dérangeait pas au point de partir. Sa curiosité avait pris le dessus. Il la questionna concernant le gouvernement d’Öazys et sur la cause du départ de leurs pères. Apparemment, le fait qu’ils ne se soient pas désactivés le rendait également sceptique. Le shérif le comprenait, au départ leurs pères aussi furent surpris. Puis, petit à petit, ils avaient appris à comprendre qu’ils n’étaient pas de simples robots. La vie avait fait son œuvre. Ils représentaient un espoir bien que nuls ne savaient encore vraiment à quel point ils seraient importants pour l’avenir de tous.

    Une fois certaine qu’il ait posé toutes ses questions, la millkyane répondit à ses interrogations de son mieux :

    « Bien sûr qu’Öazys est au courant. J’ai contacté plusieurs fois le gouverneur mais n’a pas voulu nous écouter. Ils refusent d’ouvrir les yeux et veulent que nous disparaissions. Nous sommes des robots détraqués pour eux. Ni plus ni moins. »

    Elle marqua une pause avant de reprendre avec son ton de voix toujours aussi neutre :

    « Nos pères sont partis car ils n’avaient plus assez d’argent pour rester et, à l’époque, il n’y avait pas assez d’eau et de nourriture pour tous. Ils étaient nombreux mais soudainement ils ne pouvaient plus amener de ressource. »

    Cette histoire était assez surprenante, forcément. Et cela amenait à de nouvelles questions. Pourquoi tout allait bien au début et, soudainement, ils ne pouvaient pas rester ? A force de recherches, de demandes auprès des autres robots, de discussions avec Rey, Sylène avait trouvé des éléments de réponses.

    « D’après mes recherches, il serait envisageable qu’ils aient été financés par Öazys au début. Après tout, nous sommes presque voisins… Mais que les choses ont changé entre temps. Il y a d’étranges faits. Pourquoi mon père n’est pas revenu ? Pourquoi Rey n’a pas connu ses parents sachant qu’ils étaient reliés à cette histoire ? Plus j’y pense, plus je me dis que le gouvernement est très bien au courant de notre existence. J’ai même lu dans les journaux qu’ils qualifiaient notre ville de laborantine. Nous sommes sans doute des expériences non désirées par Öazys. Bien sûr, ce ne sont que des suppositions après des années de recherche intensives. Je ne peux le garantir mais c’est ce que je pense. »

    C’était de bien malheureuses conclusions. Sylène ne les avait partagées avec personne d’autres pour le moment. Elle espérait qu’il ne se moquerait pas d’elle.

    « Et, en ce qui concerne les désactivations, nous ne le faisons que lorsque tel est notre souhait. Or nous ne voulions pas arrêter de vivre, nous voulions retrouver nos pères et vivre comme ils ne l’ont appris. Cela te surprend : au départ, eux aussi ont été surpris de voir que nos émotions ne résultaient pas que de programmation. Père me changeait régulièrement les données pour tenter de me corriger sans succès quand je les refusais. Parfois, il voulait effacer mes données mais elles revenaient sans qu’il comprenne comment c’était possible. Je pense que nous sommes trop évolués pour votre rationalité. »

    On toqua à la porte, Sylène tourna la tête. On l’appelait pour régler des problèmes administratifs. Elle s’excusa auprès de Malek de devoir partir mais lui promit qu’ils rediscuteraient dès qu’elle en aurait le temps. Ses obligations ne pouvaient être passaient à la trappe.

    [Fin du RP]

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